À Alma: deux ours noirs aperçus sur la Pointe des Américains

À Alma: deux ours noirs aperçus sur la Pointe des Américains
(Photos: Courtoisie/France Paradis)

Lundi soir, à la brunante, un citoyen du Boulevard Larouche à Alma a aperçu deux ours noirs alors qu’il effectuait une marche de santé sur la Pointe des Américains. Les agents de la faune du bureau d’Alma sont au fait de la présence de ces deux bêtes sur ce territoire restreint et ont entamé des patrouilles afin de les localiser.

« Lundi soir, il devait être environ 19 h 30, je marchais sur le sentier de motoneige, sous les lignes à haute tension, sur la Pointe des Américains. Mon attention a été attirée par un petit chien qui aboyait, mais je ne voyais pas son maître. Je me suis donc approché et c’est là que j’ai vu deux taches noires que j’ai d’abord pris pour des amateurs de VTT. Les deux bêtes faisaient face au petit chien en question. Même s’il commençait à faire noir, j’ai très bien distingué la silhouette des deux bêtes. Je suis immédiatement parti à la course en sens inverse et mardi matin, j’ai avisé les agents de la faune », nous a raconté le citoyen lors d’un entretien téléphonique.

Mardi matin, l’homme en question a accompagné deux agents de la faune à l’endroit exact où les deux bêtes ont été vues.

Malheureusement, dans la nuit de lundi à mardi, il est tombé quelques centimètres de neige et toutes les traces avaient disparues.

Également, au cours de la fin de semaine, la belle température a fait fondre en partie le couvert neigeux mais le refroidissement de lundi et mardi a fait en sorte que la neige a durcie, permettant aux deux bêtes de se déplacer, sans laisser nécessairement de traces.

Les agents de la faune étaient en patrouille dans le secteur ce vendredi pour tenter de localiser les animaux.

Ces ours ont sans doute profité de l’hiver et de l’épais couvert de glace sur les rivières Grande et Petite Décharge pour se rendre dans ce secteur de la Pointe des Américains. Ils sont présentement captifs de ce périmètre urbain boisé mais pourraient éventuellement retourner de l’autre côté de la rivière, soit dans le secteur de St-Nazaire ou celui de Larouche où la présence d’ours noirs a souvent été signalée.

Quoi faire face à un ours noir

Quoi faire si vous rencontrez un ours noir pendant que vous pratiquez une activité de plein air ?

Les ours évitent généralement les humains. Mais, si vous en rencontrez un, il est important de ne pas oublier que ce sont des animaux puissants qui peuvent être dangereux.

Que vous soyez randonneur, cycliste, joggeur, cueilleur de petits fruits, il y a des mesures à prendre lorsque vous rencontrez un ours:

— S’il ne fait pas attention à vous, éloignez-vous lentement et silencieusement sans le quitter des yeux afin de vous assurer qu’il ne vous suit pas ;

— Ne vous en approchez jamais pour mieux le voir;

— S’il est évident que l’ours est conscient de votre présence, levez les bras afin de lui montrer que vous êtes un humain. Arrangez-vous pour paraître aussi imposant que possible. Parlez d’une voix ferme, mais non menaçante, tout en gardant les yeux sur lui et en vous éloignant;

— Surveillez-le et évaluez sa réaction à votre présence: habituellement, plus un ours est bruyant, moins il est dangereux, à condition de ne pas l’approcher. Si l’ours halète, fait craquer sa mâchoire ou piétine le sol, c’est que vous êtes trop près et qu’il veut que vous vous éloigniez;

— Si l’ours s’approche tout près de vous, laissez tomber tout aliment que vous transportez et continuez de reculer;

— Si l’ours continue de tenter de s’approcher, restez là où vous êtes et montrez-vous agressif: servez-vous de votre sifflet ou de votre avertisseur sonore, criez, faites-vous aussi grand que possible, agitez les bras et lancez des objets;

— Si l’ours continue de se rapprocher, restez toujours là. Utilisez votre vaporisateur de poivre de Cayenne ou tout autre moyen de le menacer ou de détourner son attention; un ours commence souvent par s’approcher pour voir s’il peut le faire sans danger;

— Ne courez pas et ne grimpez jamais dans un arbre, car un ours peut courir plus vite et grimper plus facilement que vous;

— Si l’ours vous touche, défendez-vous avec toute la vigueur possible.

Habitudes

En fouillant sur Internet, on yretrouve de nombreux sites qui parlent de l’ours noir, très commun au Québec.

L’ours noir voyage souvent dans les brûlis et les broussailles mais sa préférence va surtout pour les grandes forêts mixtes et denses de conifères et de feuillus. Bien que l’été il a tendance à restreindre ses déplacements, à l’automne et au printemps, son domaine vital peut atteindre plus de 100 km, mais comme sa soif n’est jamais complètement assouvie, il se tient toujours à proximité d’une source d’eau.

L’abri de l’ours noir, la "ouache", une francisation du mot algonquin "wic" ou "wac", est assez sommaire. Il s’agit tantôt d’une grotte à flanc de colline, tantôt d’un creux dans un gros arbre, d’une souche renversée ou même des branches basses et bien garnies d’un conifère.

L’ours noir est un omnivore qui mange à peu près tout ce qui lui tombe sous la dent. On estime cependant, que 75% de sa nourriture est constituée de végétaux. Le printemps, comme la végétation est plus rare, il se satisfait de carcasses de chevreuils, d’orignaux et de caribous morts durant l’hiver et s’attaque parfois à des nouveaux-nés. Il enrichit ses repas de petits mammifères, et comme il ne dédaigne pas la charogne, ses visites au dépotoir se multiplient. L’été, son menu se compose surtout de feuilles, de plantes et de racines, mais sa préférence pour les petits fruits est frappante, particulièrement les bleuets, les fraises, les cerises bien mûres, les pommes et les baies d’amélanchier et de sureau. L’automne, ce sont les petits fruits secs comme les glands, les noisettes et les faînes qui constituent son régal quotidien. Et au fil des jours et des saisons, il complète pitance d’insectes comme les fourmis et les sauterelles, de larves, de poissons, parfois d’un oiseau et du miel qu’il pille volontiers dans le creux des arbres, bien protégé des piqûres d’abeilles par sa fourrure très dense.

L’ours noir est surtout actif du crépuscule à l’aurore sans pour autant que le jour n’interrompe complètement ses activités. À part la femelle qui vit avec ses oursons la majeure partie de l’année, il préfère la solitude. Animal intelligent et curieux, sa timidité et sa prudence naturelle l’invite habituellement à garder ses distances des humains.

En cas de danger, ce marcheur lourdaud mais silencieux, peut se déplacer avec une vitesse surprenante pourvant atteindre 50 km/h et grimper aux arbres avec une grande agilité. Pour identifier un danger et se protéger, il se déplace face au vent. Bien qu’on ne l’entende que rarement, il peut émettre des grognements ou des reniflements. La femelle avertit ses petits du danger par une sorte de "jappement" sonore suivi d’un cri plaintif.

Excellent nageur, l’ours noir peut facilement traverser rivières et petits lacs lors de ses déplacements dans son domaine vital. Au gré de ces périgrinations quotidiennes, il marque son territoire en laissant la trace de ses griffes sur le tronc des trembles, des bouleaux.

Au début de l’automne, il se met à la recherche d’un refuge pour l’hiver. Durant le mois de novembre, avec l’arrivée des premières neiges et lorsque le froid s’installe pour de bon, il s’y blottit confortablement et entre dans un état d’hibernation; la température de son corps s’abaisse légèrement, son rythme cardiaque ralentit et il n’a plus que 2 à 4 respirations par minute. Prudence, cependant, il peut sortir de ce sommeil hivernal s’il est dérangé suffisamment. Durant les longs mois d’hiver, il ne mange pas; la graisse accumulée au cours de l’été lui permet de survivre.

L’ours noir sort de ce sommeil hivernal dès les premiers signes du printemps, à la fin de mars ou au début d’avril. Il quitte alors son abri et se met immédiatement à la recherche de nourriture.

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