Aéroport d’Alma: le premier drone effectue des vols techniques

Aéroport d’Alma: le premier drone effectue des vols techniques

Jeudi, entre 11 h et 12 h 15, le premier avion drone du Centre d’excellence des drones de l’aéroport d’Alma a fait quelques départs et atterrissages dans le cadre d’une série de vols techniques pour démontrer à Transports Canada que tous les éléments sont en place pour assurer la sécurité et le bon fonctionnement du centre dans le cadre de sa mission et de ses obligations. Historiquement, ce premier vol technique est le premier vol d’un avion drone sur le territoire canadien.

« On doit faire la preuve technique à Transports Canada que nous avons toutes les capacités techniques pour réaliser de tels vols sur le territoire de notre aéroport. Cette démarche vise à améliorer nos capacités et accélérer l’obtention des certificats d’opérations aériennes spécialisées officiels qui nous permettront de poursuivre notre travail », s’est limité à dire en entrevue Nicol Minier, directeur de l’aéroport d’Alma.

En avril prochain, les médias seront invités à une présentation officielle et au premier vol inaugural de l’avion drone arrivé en février dernier à l’aéroport d’Alma, en pièces détachées.

Cet avion a été assemblé par les spécialistes des compagnies associées au CED et ces premiers vols techniques ont pour raison première de valider le fonctionnement et les équipements de contrôle.

Ce type d’appareil a des milliers d’heures de vols à son actif et les deux contrôleurs au sol qui le pilotent à distance cumulent plus de 1000 heures d’entraînement sur ce type d’appareil.

Avenir prometteur

Ce vol d’un drone au-dessus de la région constitue une grande première et ouvre un avenir prometteur pour l’aéroport d’Alma et son Centre d’excellence des drones.

Les responsables de l’aéroport d’Alma travaillent depuis 2008 à la réalisation du projet en concertation avec l’industrie, les différents ministères et les communautés locale, régionale et provinciale, le Centre d’excellence des drones d’Alma a été lancé en mai 2011 avec la participation active de CAE comme partenaire fondateur.

En novembre dernier, dans le cadre d’une soirée d’information et de consultation, la direction de l’aéroport d’Alma avait dévoilé une grande partie du projet.

À cette occasion quelque 75 citoyens s’étaient présentés et à l’issue de plus de deux heures de présentation et une vingtaine de questions de la part du public, il se dégageait un sentiment d’acceptation sociale du projet qui devrait générer, d’ici 2018, quelque 20 emplois et des retombées économiques directes de quelque 70 millions $ dans la région.

Le directeur général de l’Aéroport d’Alma, Nicol Minier avait alors longuement expliqué la constitution du CED, un organisme sans but lucratif qui vise à recruter une vingtaine de membres officiels d’ici juin 2012.

Il avait ensuite mis en relation le lien étroit qui subsistera entre le Centre et la 3e Escadre à Bagotville pour la surveillance-radar, les communications et l’utilisation des zones aériennes de la région, dont la zone de l’aéroport d’Alma, le corridor menant vers le lac Saint-Jean puis en direction du secteur Nord de St-Ludger-de-Milot pour des pratiques.

Quand le CED sera pleinement opérationnel, après l’obtention de ses certificats de Transports Canada, à l’intérieur de la zone aérienne désignée de l’aéroport d’Alma qui s’étend cinq kilomètres autour de l’aérogare, les drones devront prendre une altitude de plus de 3000 pieds avant de quitter vers les zones de pratique.

Les avions utilisés seront dirigés par un pilote expérimenté à partir du sol et non pas des avions programmés d’avance pour effectuer une mission donnée.

Chaque vol sera donc extrêmement bien encadré et au moment du décollage ou de l’atterrissage d’un drone, l’aéroport sera fermé pendant une heure ou deux à toute circulation aérienne pour les pilotes privés ou commerciaux.

Cependant, toutes les personnes intéressées sauront toujours 48 heures à l’avance la tenue d’un tel exercice.

Le premier projet qui voit le jour au sein du CAD est le projet MISKAN de la firme CAE. Ce projet consiste à faire l’essai en vol de différents senseurs développés par l’entreprise pour analyser par exemple au sol, à partir des airs, l’état des feux de forêt, l’état des cultures, la vérification des installations des lignes électriques ou des pipelines, etc…

À cet effet, CAE utilisera un petit avion drone, le Diamond DA42 (voir photo), fabriqué ici au Canada, à London en Ontario et qui a la pleine autorisation de Transport Canada qui supervise et autorise toute activité au CED.

Cet appareil a plus de 500 000 heures de vol à son actif et son contrôle sous télécommande à partir du sol a plus de 100 000 heures de tests. Il a été choisi pour sa capacité portante de quelque 415 kilogrammes de charge.

Rappelons que le Centre devrait générer, d’ici 2018, quelque 20 emplois et des retombées économiques directes de quelque 70 millions $ dans la région.

Quand ce projet démarrera dans quelques semaines, l’entreprise CAE prévoit faire des tests pendant 6 à 8 mois à raison de deux ou trois vols par semaine. Ces vols seront toujours effectués de jour et jamais au-dessus de zones urbaines.

En 2009, au moment où l’Aéroport d’Alma a entamé ses démarches pour créer son Centre d’excellence des drones, ce marché représentait mondialement un potentiel de quelque 4,4 milliards $. Il est présentement de 8,7 MM $ et devrait atteindre 62 MM $ d’ici 10 ans.

Dans l’industrie aérospatiale mondiale, le Canada est au 4e rang et toute cette activité se déroule à quelque 63 % au Québec.

Sur la part de marché que le CED pourrait retirer de cette manne, on estime que les revenus directs prévus pourraient atteindre quelque 17 833 600 $ d’ici 2018 et que l’ensemble des activités et dépenses dans la région relié aux activités du CED devrait atteindre quelque 70 M $ à la même date.

La possibilité de réaliser des tests quatre saisons, la présence d’un territoire sécurisé et la grande disponibilité des fréquences radio sont des éléments clés qui militent en faveur du CED.

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