Dissensions au conseil municipal concernant l’achat d’une maison

Julien B. Gauthier
Dissensions au conseil municipal concernant l’achat d’une maison
(Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Une résolution a causé de rares dissensions à la plus récente séance du conseil de ville d’Alma, alors que le conseil a adopté un projet de résolution autorisant l’achat d’une maison et de son terrain sur le boulevard Saint-Luc dans le but d’améliorer le stationnement du Centre Mario-Tremblay.

Il s’agit de la deuxième maison acquise par Alma dans le secteur enclavé situé entre l’avenue des Lilas et l’avenue des Myrtilles, où sept maisons se trouvent devant le centre multisport, la première ayant été achetée en juillet 2019.

Alma défraiera 194 000 $ pour l’achat de la maison située au 505, boulevard Saint-Luc, en plus 5 000 $ supplémentaires en dommages, troubles et inconvénients, payables comptant à la signature du contrat notarié.

Les sept maisons convoitées se trouvent entre l’avenue des Lilas et l’avenue des Myrtilles et seraient éventuellement démolies dans le cadre du projet d’expansion du Centre Mario-Tremblay mis en place en 2009 par la ville.

Dissensions

Le projet d’achat a été soumis au vote pour être adopté à 5 contre 3. Les conseillers Olivier Larouche, Audrey Villeneuve et Véronique Fortin s’y sont opposés, affirmant que le projet d’acquisition des sept terrains pour en faire du stationnement contribuerait à la création d’îlots de chaleur. Les coûts du projet ont également été dénoncés.

« En réalité, on parle de sept maisons. Je trouve que le montant, qui va dépasser le 1 M$, est trop significatif pour l’ajout d’un stationnement. Je considère que nous avons déjà une solution très intéressante pour permettre à nos citoyens de se rendre via des navettes », a affirmé Audrée Villeneuve.

« Je ne vois pas l’intérêt d’acheter ces maisons-là pour ouvrir la vue et pour créer des îlots de chaleur. C’est seulement pour l’achat des terrains. On n’a pas démoli de maison, on n’a pas encore déménagé de monde », a ajouté Olivier Larouche.

Pour sa part, Véronique Fortin estime que le projet est plutôt flou.

« Je n’ai pas compris c’était quoi le projet. J’ai compris qu’il y avait quelque chose dans l’air, mais à la lecture des informations, d’engager l’argent des citoyens pour l’achat de ces maisons pour des stationnements, ça ne va pas en concordance avec notre vision de la mobilité durable ».

Alma souhaite corriger un problème d’urbanisme

Le rachat et l’éventuelle démolition des maisons ne sont pas prévus pour demain matin. C’est surtout pour corriger une erreur d’urbanisme et dans une perspective de vision à long terme qu’Alma souhaite les acquérir pour constituer une réserve foncière.

« L’agrandissement du stationnement n’est pas la seule raison. En fait, il y a un problème urbanistique. Le Centre Mario-Tremblay a été construit derrière une zone résidentielle dans les années 1970. En soi, c’est problématique. Il y a également eu beaucoup de plaintes du voisinage », explique le conseiller Frédéric Tremblay.

Si l’amélioration de l’aire de stationnement du Centre Mario-Tremblay fait partie des plans de la ville, il n’y a toutefois pas de plans précis pour agrandir le centre multisport. Et selon le conseiller, le projet ne devrait pas créer d’ilots de chaleur.

« L’amélioration du stationnement est dans nos plans depuis le début. Et cette amélioration passe par une plus grande sécurité. La façon qu’on préconise à la ville sur un point de vue urbanistique, c’est d’aménager des couloirs de stationnement idéalement bien délimités par de la végétation et des arbres », a-t-il ajouté.

Opportunité

De leur côté, le maire d’Alma et les autres conseillers en faveur du projet d’achat de la maison estiment que les coûts immobiliers sont relativement bas par les temps qui courent. Il s’agit donc d’une opportunité pour la ville. Ils souhaitent ainsi éviter de répéter les erreurs du passé.

« Lorsqu’on a voulu implanter les terrains de tennis, on a eu beaucoup de difficulté à se trouver un terrain », a cité en exemple Alain Fortin.

Dans le même ordre d’idées, Jocelyn Fradette a souligné que les maisons dans le secteur du quai de la Villa Saguenay avaient causé certains inconvénients.

« Souvenez-vous d’une autre erreur qu’on a faite, lorsqu’on a laissé des maisons s’implanter au quai de la Villa Saguenay. On est obligé d’acheter des maisons pour créer du stationnement ».

D’ici là, Alma ne prévoit pas de démolition à court terme. La première maison achetée en juillet 2019, voisine immédiate du 505 boulevard Saint-Luc, sert actuellement au Centre d’excellence sur les drones pour un projet. L’autre pourrait également servir à divers projets.

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