Apparition du phénomène « Homobricolus »

Denis Hudon
Apparition du phénomène « Homobricolus »
Le bois de construction est en forte demande et les prix n’ont jamais été aussi élevés en cette année de pandémie. (Photo : Trium Médias – Denis Hudon)

La demande pour des  matériaux de rénovation et de construction n’aura jamais été aussi forte que pendant la pandémie. Pour le président et chef de direction de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau, on assiste depuis l’an dernier au phénomène qu’il appelle Homobricolus.

« Tout le monde s’est mis à bricoler et à rénover. Ç’a été douze mois inégaux, mais lorsque le printemps arrive, ça repart de plus belle. On a eu un petit « peak » de deux mois en septembre et octobre, puis c’était mort en décembre. Avril, mai et juin l’an dernier, c’est trois mois qu’on fait habituellement en six mois. Le printemps a été débile et ça s’annonce encore comme ça cette année », analyse-t-il.

« Tout est au plafond, le prix des matériaux, comme la demande, l’achalandage des consommateurs, mais viennent aussi pour les quincailliers la pression et l’anxiété de livrer », poursuit Richard Darveau.

Pour lui, c’est un cocktail de conditions qui fait la rareté du produit. La demande est plus grande que l’offre. Richard Darveau est d’avis que la hausse, qu’il qualifie de folle en ce  moment dans la construction unifamiliale aux États-Unis, y est aussi pour quelque chose dans la hausse des prix.

Suractivité

« Ça n’a aucun sens, je n’ai jamais vu ça en 13 ans dans l’industrie. On vit à l’envers de ce que d’autres vivent avec la pandémie. Chez nous, il y a une suractivité. »

Problèmes d’approvisionnement, délais de livraison et de transport sur les chantiers, ruptures de stock chez le fournisseur et niveau d’inventaire local inadéquat comptent parmi les réalités vécues par plusieurs entrepreneurs en construction ou en rénovation depuis le début de la pandémie.

Il rappelle que beaucoup de ses membres font leurs commandes en octobre et novembre.

« Chez les particuliers, deux visions s’affrontent dans la planification de leurs projets. Ceux qui pensent ou qui espèrent que les prix vont baisser et qui repoussent leurs projets à plus tard et les autres qui sont convaincus que la hausse va se poursuivre et qui achètent maintenant. Je crois pour ma part que ceux qui misent sur une baisse substantielle risquent d’être déçus ».

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