Augmentation des maladies transmissibles sexuellement dans la région

Augmentation des maladies transmissibles sexuellement dans la région

INFECTIONS. . «Après avoir connu une baisse relative dans les années 1990, on observe une hausse des ITSS au Québec (infections transmissibles sexuellement et par le sang). La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas épargnée et les données les plus récentes montrent un accroissement de certaines de ces ITSS, en particulier l’infection à chlamydia, la gonorrhée et la syphilis infectieuse. Ce constat peut indiquer qu’il existe une banalisation du risque inhérent au fait de ne pas se protéger lors de comportements sexuels considérés à risque».

C’est ce que souligne le Dr Donald Aubin, le directeur de la santé publique et de l’évaluation de l’Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean dans son rapport 2015 intitulé: «Arrêtons la progression des infestions transmissibles sexuellement et par le sang au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’infection génitale à chlamydia : la plus fréquente des ITSS

Les infections à chlamydia représentent 89 % de toutes les ITSS documentées pour la période 2009 à 2013.

Cette infection a connu un accroissement de 107 % du taux annuel de nouveaux cas rapportés en 16 ans. Les personnes de sexe féminin représentent 65 % de ces cas. Les tranches d’âge les plus atteintes sont les 20-24 ans suivis des 15-19 ans et des 25-29 ans.

La gonorrhée connaît aussi une progression

Son taux annuel est passé de 1 cas pour 100 000 personnes en 1991 à 6 cas pour 100 000 personnes en 2013.

À l’inverse de l’infection génitale à chlamydia, on ne note pas une différence selon le sexe dans cette infection.

Les tranches d’âge les plus atteintes sont celles des 20-24 ans, des 15-19 ans et des 25-29 ans.

La syphilis est de retour

Devenue très rare dans la fin des années 1990, la syphilis semble en progression. La syphilis évolue par petites poussées épidémiques et touche essentiellement les personnes de sexe masculin. Les personnes atteintes sont en moyenne plus âgées que celles atteintes par la chlamydia et la gonorrhée. Aucune tranche d’âge n’est significativement plus affectée que les autres.

Les comportements sexuels à risque

Selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2008 (EQSP), le nombre de partenaires sexuels change avec l’âge, mais pas avec le sexe.

Les plus jeunes sont proportionnellement les plus nombreux à avoir eu plus d’un seul partenaire dans les douze mois précédant le moment où ils ont répondu à l’enquête. Par exemple, 31 % des 15-24 ans ont déclaré avoir eu plus d’un seul partenaire sexuel durant cette période contre 10 % chez les 25-44 ans, 4 % chez les 45-64 ans et 2 % chez les 65 ans et plus.

Condom

Une personne sexuellement active sur dix dit toujours utiliser le condom. Selon l’EQSP 2008, 79 % des personnes ayant été actives sexuellement au moins une fois durant les douze mois précédant l’enquête n’ont jamais utilisé le condom dans leurs relations sexuelles, 12 % l’ont utilisé à l’occasion et 9 % l’ont toujours utilisé.

La fréquence d’utilisation du condom est différente selon les tranches d’âge. Chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, 37 % disent avoir toujours utilisé le condom, une proportion plus élevée que celle enregistrée dans les autres groupes d’âge.

La fréquence d’utilisation du condom est associée au nombre de partenaires déclarés. 7 % des personnes ayant eu un seul partenaire ont toujours utilisé le condom, 29 % chez les personnes ayant eu de deux à quatre partenaires et à 18 % chez les personnes ayant eu cinq partenaires ou plus.

«Outiller les jeunes aux questions liées à la sexualité est un point essentiel. Loin de nous borner à une approche de gestion de la peur, nous voulons renforcer leurs capacités à décider par soi-même et de gérer les risques. Un autre axe important est de consolider les structures et les activités permettant le dépistage, la détection précoce et la prise en charge des personnes qui sont déjà infectées. Il nous apparaît aussi évident que nos activités de surveillance et de vigie épidémiologiques soient bonifiées afin d’avoir une lecture précise des menaces existantes dans notre population », a conclu le docteur Donald Aubin.

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