« Avec les vagues de mardi, ça donnait l'équivalent d'un lac à plus de 18,77 pieds » — Gérald O'Bomsawin

« Avec les vagues de mardi, ça donnait l'équivalent d'un lac à plus de 18,77 pieds » — Gérald O'Bomsawin

Gérald O’Bomsawin en connaît un bout sur le lac Saint-Jean car sa famille et lui y sont établis depuis 1957, sur la 6e Avenue dans le secteur Wilson. Cet ancien chargé de projet à l’Usine Isle-Maligne a de solides connaissances en ingénierie et en mathématique et il est formel: « Mardi, avec le lac à 16,49 pieds et les vagues qu’il y avait, c’est comme si le lac avait été à plus de 18,77 pieds pour la zone d’érosion de notre secteur. »

Depuis une semaine, Gérald O’Bomsawin surveille de près le lac et via sa page Facebook, il a tenté de sensibilisé les gens autour de lui sur ce qui se passait, mais surtout, ce qui s’en venait.

« J’ai vu monter le lac et avec le niveau de la fin de semaine, à plus de 16 pieds et les grands vents engendrés par la tempête en provenance des États-Unis, c’était inévitable que les dommages augmentent considérablement », a-t-il confié au Journal Le Lac-St-Jean lors d’une conversation téléphonique.

Le chalet familial érigé en 1957 a fait place il y a quatre ans à une résidence permanente où notre interlocuteur réside à l’année.

Au fil de toutes ces années, il en a vu du vent et des tempêtes mais rien d’aussi destructeur que celle de novembre 2012 qu’il a documentée de nombreuses photos, mais surtout, celle de novembre 2013 qui représente la plus dévastatrice des 57 dernières années.

« Par le passé, les vagues attaquaient la plage. Mais cette année, la plage est disparue, la berge aussi et là, les vagues attaquent la côte et de larges parties ont déjà été emportées par les vagues », se désole Gérald O’Bomsawin.

Pour effectuer ses calculs, il dispose sur la plage d’un poteau planté depuis plusieurs années. Le dessus du poteau correspond à exactement à un lac à un niveau de 16,36 pieds précisément. À l’aide d’instruments rudimentaires et d’un niveau à laser, il a été en mesure de mesurer précisément la hauteur que pouvait représenter les crêtes de vagues ce mardi et arrive au chiffre de 18,77 pieds, soit la hauteur de la vague au-dessus d’un lac qui était déjà à 16,49 pieds.

Donc, en toute logique, c’est le niveau de la rive situé à cette hauteur de 18,77 pieds qui a subi les attaques répétées des vagues et même la côte de quelque 60 pieds de haut a été attaquée à de nombreux endroits.

Le résident a effectué très tôt ce matin une tournée des lieux. Certes, les vagues sont moins fortes que ce mardi, mais les dégâts sont majeurs. On peut visionner sa tournée en suivant le lien suivant:

https://www.facebook.com/photo.php?v=10152086098684439

Certes, les cabanons renversés vers le lac sont une chose, mais aux yeux de Gérald O’Bomsawin, le pire, c’est toute l’érosion de la berge et de la côte qui est grave.

Comme nombre de résidents du secteur, il constate un phénomène préoccupant: le lac gèle de plus en plus tard. L’an dernier, la glace a commencée à se former le 10 décembre et ça s’est même rendu jusqu’au 20 décembre les années antérieures.

Il ressent un sentiment d’impuissance face à la situation.

Cependant, il recueille depuis l’an dernier un nombre impressionnant de photos et de données météo et de statistiques sur le niveau du lac.

« Si jamais il y a des audiences publiques avant le renouvellement du décret à RTA pour le contrôle du lac, je vais aller présenter ces éléments de preuve qui démontrent qu’en automne, on ne peut pas conserver le lac autour de 16,50 pieds sans provoquer des dégâts de plus en plus important à chaque année. Quant au décret, il est formel, ni le gouvernement, ni nous comme résident, on a de recours contre Rio Tinto Alcan », de conclure amèrement Gérald O’Bomsawin.

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