Camionneur: un métier peu valorisé

Julien B. Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Camionneur: un métier peu valorisé
Stéphane Boivin, de Transport Roger Boivin, croit que le métier de camionneur n’est pas suffisamment valorisé. (Photo : Trium Médias – Louis Potvin)

La moyenne d’âge des camionneurs étant vieillissante, certains entrepreneurs estiment que le métier n’est pas suffisamment mis en valeur. Selon Stéphane Boivin, propriétaire de Transport Roger Boivin, les jeunes sont peu attirés par le transport de marchandises.

Pourtant, il croit fermement que le métier de camionneur est idéal pour celui ou celle qui recherche la liberté, qui veut être son propre patron et qui souhaite conserver une certaine indépendance.

« Nos chauffeurs vieillissent. On manque de jeunes. Notre moyenne d’âge est de 50 ans. Je crois que le gouvernement doit valoriser le métier, surtout dans une région comme la nôtre. Dans les grands centres comme à Montréal, ils ne sont pas aussi touchés que nous », affirme Stéphane Boivin.

Il croit par ailleurs que les comportements routiers de certains automobilistes nuisent à l’attrait du métier.

« Il y a beaucoup plus d’automobilistes que quand j’ai commencé. Les gens chialent facilement envers les camionneurs. Il y a beaucoup d’impatience », constate-t-il.

Formation

Une formation professionnelle de 615 heures est nécessaire pour devenir camionneur. Toutefois, Steeve Cantin de Transport GS Cantin constate que les diplômes d’études professionnelles (DEP) ne font pas partie des priorités du système scolaire et des parents.

« C’est un métier payant, mais ça, on n’en parle jamais. On parle d’environ 75 000 $ par année. Quand tu te fais marteler un message négatif, c’est sûr que les jeunes décident de ne pas se lancer dans le métier. Le monde scolaire est un monde de fonctionnaires. Ils ne connaissent pas la réalité sur le terrain », plaide-t-il.

Critères d’embauche

Les entreprises de transport pourraient devoir faire des sacrifices en diminuant les critères d’embauche, ce qui risque d’affecter la qualité de la main-d’œuvre. Certaines d’entre elles ont déjà commencé à contacter d’anciens candidats qui avaient été refusés.

Toutefois, selon Caroline Girard, directrice générale de Transcol, cette situation est loin d’être idéale. Mais elle assure qu’il ne peut y avoir de compromis sur la sécurité.

« Il faut que nous soyons très à l’aise avec la personne. On ne peut pas baisser les critères sur la sécurité. Lorsque je me couche le soir, je dois être à l’aise avec la personne qui est derrière son volant. Si on doit abaisser les critères, c’est surtout au niveau de l’attitude. Mais lorsqu’on parle de sécurité, on ne fait pas de compromis », conclut-elle.

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