Caribou forestier : un discours de peur selon SNAP Québec

Caribou forestier : un discours de peur selon SNAP Québec
La protection du caribou forestier risque de s’inviter dans la campagne électorale.

FORESTERIE. Une note économique publiée hier matin par l’Institut économique de Montréal «(IEDM) n’y va pas de main morte. Le Plan de rétablissement du caribou forestier coûterait 117 emplois et 14,7M$ en retombées à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour chaque caribou sauvé.

À l’échelle du Québec, le Plan de redressement du caribou forestier, dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2018, entraînerait la perte de 2 931 emplois et de 367 M$ d’activité économique, affirme-t-on dans la note de l’IEDM. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean essuierait le gros de ces impacts, où 2 701 emplois et 339 M$ de retombées seraient en jeu.

Les auteurs de la note, Alexandre Moreau et Jasmin Guénette, font en outre valoir qu’il sera hasardeux de mesurer les objectifs de conservation fixés en raison de l’absence d’un inventaire systématique du caribou forestier et de variations difficilement explicables dans les populations. « Bref, l’exploitation forestière n’est qu’un facteur parmi plusieurs autres », souligne Jasmin Guénette.

Un portrait exagéré

À la SNAP Québec (Société pour la nature et les parcs), on estime que la note de l’IEDM fait office de discours de peur. « À première vue, on est resté dans un discours de peur où on exagère les impacts du Plan de rétablissement. Je crois qu’on a utilisé des chiffres qui ne sont pas les plus précis pour gonfler le portrait de la situation. On a un petit peu tout fait pour que ce soit noir », mentionne Pierre-Olivier Boudreault, chargé de projet en conservation et foresterie.

Ce dernier ajoute que l’IEDM parle de 3 millions de mètres cubes de bois en moins de disponibles pour la récolte, alors que le bureau du Forestier en chef est encore à l’analyse pour définir cette évaluation. « On ne sait pas trop d’où sort ce 3 millions. Évidemment, si on a plus d’aires protégées, il y a moins de bois disponible pour la récolte. Par contre, il y a des mesures d’atténuation possibles. La note n’en fait aucune mention et trace un portrait global qui est exagéré », soutient-il.

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