Carmelle Morin s'offre un cadeau avec le répit ponctuel

Carmelle Morin s'offre un cadeau avec le répit ponctuel

Carmelle Morin est ici entourée de ses trois anges

TÉMOIGNAGE. Depuis mars dernier, Carmelle Morin combat un cancer du poumon. Elle fait tout en son possible pour ne pas manquer son rendez-vous du mercredi à Soli-Can. Elle bénéficie ainsi du service « Répit ponctuel d’un jour » et peut partager pendant quelques heures avec des professionnels qui prennent soin de ses besoins physiques, psychologiques et spirituels.

« Après avoir reçu la chimiothérapie, j’étais une vraie zombie. L’annonce que l’on voit sur le cancer, la personne tombe par en arrière, moi, j’étais tombée par en arrière, mais je ne voulais pas revenir par en avant…Je ne voyais pas d’autre alternative que la mort. Venir ici au répit et de voir des personnes qui me disent que je suis vivante… Je viens ici depuis mars dernier et si je ne viens pas, c’est un cadeau que je ne me fais pas. C’est de prendre un temps d’arrêt. C’est la place pour ventiler. On aime nos proches, nos proches nous aiment mais on ne peut pas leur parler de la maladie ou de la mort », résume d’un trait Carmelle Morin.

Elle avoue que le cancer fait maintenant partie de sa game: tu gagnes ou il gagne… Mais, on ne veut pas passer par la mort et c’est difficile d’en parler avec la famille.

« Je suis vivante ! »

Bain thérapeutique, massage, soins physiques, petite gâteries et soins spirituels sont au cœur de ce service de répit ponctuel.

« Ici, les gens me disent Madame Carmelle, vous êtes vivante. On s’arrête au moment présent. J’aime l’accompagnement spirituel. La foi, je l’ai et c’est important de l’entretenir. Le mot clé, c’est d’être en paix avec soi-même, ce qui n’est pas toujours synonyme de fin de vie. J’ai accepté que je sois vivante. J’ai retrouvé le mot joie, car c’est ça que l’on n’a plus. On devient ainsi une nouvelle personne car on a de nouveaux défis devant nous », souligne Carmelle

Elle a donc vécu beaucoup de détachements (maison, cercle d’amis, travail, etc…), car c’est la maladie qui prend le contrôle de ta vie. Cependant, elle peut compter sur la fidélité de son conjoint qui l’accompagne dans cette aventure.

« Ce que j’aime ici, c’est le mélange des trois services… et ça me prend les trois, c’est essentiel car on ne sait pas d’une semaine à l’autre quel sera notre état d’âme et comment on file. Elles (les intervenantes) ont trouvé le moyen de me faire travailler sur moi. Ici, je rends vivant ce combat-là contre la mort. Je cherche à être heureuse, mais il n’y a pas de plan à long terme », avoue avec sérénité Carmelle.

La maladie, c’est un temps d’arrêt que tu as dans ta vie: Carmelle estime que quand elle s’en vient à Soli-Can le mercredi, la personne la plus importante, c’est elle-même ! Elle écoute alors son corps, ses émotions et son esprit.

« Ici, je peux poser des questions et je ne sens pas que je dérange. Ici je ne viens pas chercher la pilule, mais le pourquoi tu restes sur place ou le comment tu peux avancer dans tout ça et passer à travers. C’est un baume sur une blessure intérieure et ce baume, il n’est pas chimique car je garde le contrôle de mes pensées et du sens que je veux donner à ma vie. Tant qu’il y a de la vie, on est libre de choisir par où on veut passer et comment on veut le vivre », résume Carmelle.

Pour en arriver-là, Carmelle a dû travailler ses peurs qu’elle compare à un loup: « Tu veux-tu nourrir le bon ou le mauvais loup. Tu dois enlever tes peurs. Peur de la mort, de la souffrance, peur d’avoir peur… Ici, c’est être authentique et en vérité avec soi-même. Quand je repars d’ici, j’ai la joie, le cœur heureux et je vibre », de conclure Carmelle.—F.P.

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