Des cimetières pour sauver des forêts?

Des cimetières pour sauver des forêts?
Le marais de l'Isle-Maligne pourrait bien accueillir un cimetière forestier si le projet va de l'avant.

La mise en place de cimetières pourrait-elle permettre de sauver des forêts ou des milieux vulnérables? C’est du moins ce que pense le biologiste Olivier Côté.

Le biologiste environnementaliste, Olivier Côté, travaille depuis quelque temps à l’élaboration d’un premier projet de sanctuaire forestier à Alma. Le projet Cambium pourrait être l’un des rares projets environnementaux à proposer des bénéfices autant sur les plans écologiques, sociaux, qu’économiques.

Il y a quelques années, après avoir développé un projet de sentier écologique pour la municipalité d’Hébertville-Satation, il a été énormément déçu de voir que les fonds octroyés avaient finalement été utilisés pour faire un sentier accessible aux motorisés.

« Il est très difficile de comprendre cette situation pour quelqu’un qui n’est pas concerné, pense le biologiste. Pourtant, on n’aura jamais à expliquer à une personne pourquoi on ne perturbe pas l’écosystème d’un lieu de culte comme un cimetière. »

C’est pourquoi il pense que le fait d’enterrer des êtres que les gens chérissaient dans des écosystèmes menacés pourrait favoriser leur protection et leur conservation à travers le temps puisque les gens lui accorderaient une symbolique beaucoup plus grande.

Même si le jeune homme rêve d’un large réseau à travers la région, il prévoit débuter avec un service funéraire pour animaux de compagnie. Un secteur profitant d’une demande relativement élevée à son avis.

Un procédé industriel peu coûteux

La première phase, estimée à 100 000 $, proposerait un procédé plutôt marginal pour disposer des dépouilles, soit l’hydrolyse alcaline. Plus connue sous le nom d’aquamation, cette technique utilise la force de l’eau pour stériliser la matière.

Approuvée par le ministère de l’Environnement et le gouvernement du Québec depuis peu, elle serait plus écologique et largement moins coûteuse que la crémation ou l’inhumation.

«C’est la même technique que Rio Tinto utilise pour traiter l’alumine avec une faible quantité d’énergie, précise-t-il. À mon avis, c’est une façon intéressante de répondre à un besoin existant tout en étant rentable sur le plan économique.»

Le complexe funéraire Le Sieur, situé à Granby, aura été le premier établissement à offrir l’aquamation au Québec pour disposer des défunts. Le président de l’établissement, Éric LeSieur, révèle que l’entreprise a connu une hausse significative de la demande, notamment pour les coûts excessivement bas, mais également pour le côté écologique de la chose.

En route vers la réalisation

Malgré qu’il soit toujours en recherche de financement, le biologiste envisage déjà quelques endroits pour installer l’équipement nécessaire et estime que le marais de la Centrale Isle-Maligne pourrait très bien devenir le point de départ. Appartenant à Rio Tinto (RT), ce terrain est présentement sous la charge du Conseil régional de l’environnement et du développement durable (CREDD), qui a la mission d’assurer sa protection et sa mise en valeur pour les 25 prochaines années.

Le président de l’organisation, Tommy Tremblay, ne cache pas l’étonnement qu’il a eu lorsqu’il a été approché par le jeune gestionnaire. «C’est évident que sur le coup, ça m’a paru surprenant, mais ça reste une idée intéressante».

Il précise cependant que pour donner son accord, il devra d’abord vérifier que le projet respect les critères que la multinationale et le CREDD ont établi et qu’il soit géré par une entité bien définie.   

M. Tremblay insiste d’ailleurs lui aussi sur le fait que le développement durable n’est pas qu’une mesure environnementale et qu’il doit se faire en harmonie avec le développement social et économique. De son côté, M. Côté reste très confiant pour l’avenir du projet Cambium et mentionne qu’il désire prendre tout le temps qu’il faudra pour le développer.

 

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