Des pertes de 200 000 $ à la Ferme Boily et fils à Hébertville-Station

Des pertes de 200 000 $ à la Ferme Boily et fils à Hébertville-Station
Denis Legault

GRÊLE. Le vendredi 21 juillet dernier, la grêle a frappé l’ensemble de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des revêtements de maisons, des voitures et surtout des récoltes ont été endommagés. Pour Sylvain Boily, agriculteur du rang 3 à Hébertville-Station, ses pertes sont de l’ordre de 200 000 $.

«Il y a 11 ans, pratiquement jour pour jour, nous avons vécu le même phénomène. On s’est fait ramasser par un orage de grêle très violent. Au niveau des récoltes, tout y a passé sur un périmètre de 5 lots de profond. L’événement a touché les plages de Saint-Gédéon et s’est prolongé jusqu’à l’embouchure du lac Kénogami. Même si je suis assuré, cela ne suffira pas à combler l’ensemble de mes pertes», souligne Sylvain Boily.

L’agriculteur laitier estime que plusieurs agriculteurs ne pourront survivre à une telle catastrophe. «Pour plusieurs, la situation sera dure à vivre. Pour nourrir nos bêtes, il nous faut du fourrage. Seulement dans notre rang, nous avons quelque 700 vaches et nous n’avons même pas un hectare de maïs encore debout et ensillable. Heureusement, nous avons réussi à faire la première coupe, mais la deuxième coupe est une perte d’environ 50 %. Oui il y aura une troisième coupe, mais à ce moment-ci on est inquiet au niveau de la température. Dame nature n’est pas facile et n’est pas de notre bord», mentionne Sylvain Boily.

«Je connais des collègues agriculteurs qui ont arrêté de s’assurer parce qu’ils avaient leur voyage des programmes. Les programmes ne fonctionnent pas et surtout ne sont pas adaptés à nos besoins. Ça fait longtemps que je le dis et que je dénonce cette situation. Je produits chaque année environ 1million de litres de lait, mais au niveau des champs, je viens de tomber sur le bien-être social. Ce n’est pas évident», assure Sylvain Boily.  

Potager Grandmont

Denis Legault et Agathe Boivin de l’entreprise Le Potager Grandmont de Saint-Gédéon estiment que le produis de l’entreprise sont une perte quasi totale. «Certains légumes et certaines céréales sont couverts par nos assurances. Nous sommes également touchés par le côté humain alors que nous avons une quinzaine d’employés mexicains qui viennent de perdre leur emploi et dont on doit payer le coût des billets pour les retourner chez eux. On a eu plein de téléphones de gens qui voulaient les engager, mais des délais de 6 à 8 semaines étaient nécessaires pour permettre leur transfert».

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier demande aux instances gouvernementales des mesures exceptionnelles pour venir en aide aux agriculteurs touchés par cette tempête de grêle.

«On demande au gouvernement une approche exceptionnelle. Ce n’est pas aux agriculteurs de faire les frais à une tempête imprévue qui a touché la région. Si certaines productions sont assurées, d’autres ne le sont pas. Plus de 50 producteurs sont directement touchés dans la région. Pour certains, cette situation fragilise grandement leurs entreprises. On demande au gouvernement qu’une personne-ressource soit nommée par le bureau du premier ministre pour gérer sur le plan administratif l’ensemble des réclamations et des dossiers qui vont être présentés par les producteurs et les agriculteurs au cours des prochains jours. Une personne clef qui va mettre de l’ordre dans tout ça. Pour les agriculteurs, c’est une zone sinistrée et ce ne sont pas eux qui devraient payer pour une telle dévastation», de conclure Alexandre Cloutier.

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