Des visions qui s’affrontent

Serge Tremblay
Des visions qui s’affrontent
L’industrie régionale du bleuet n’est pas exempt de tensions depuis plusieurs années. (Photo : archives)

La possibilité de voir des bleuets récoltés sur les terres publiques de la région être transformés à l’extérieur ne fait pas l’unanimité, particulièrement dans les milieux politiques.

Le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard, ne mâche pas ses mots. Sans avoir été interpellé directement quant à ce dossier, il a eu vent des discussions qui sont en cours.

« Pour nous, c’est une fin de non-recevoir. Prendre une ressource produite ici pour aller la transformer à l’extérieur, c’est inacceptable. On n’accepterait pas que Résolu coupe du bois chez nous pour aller le transformer à l’extérieur de la région. C’est la même chose, c’est une question de principe », affirme-t-il.

Le préfet estime que l’on devrait plutôt tisser des partenariats locaux et régionaux.

« Je regarde une entreprise comme Congèlerie Héritier qui a investi des sommes importantes pour transformer du bleuet chez nous en créant de l’emploi, c’est ça qu’il faut faire. J’accepte très, très mal que l’on veuille faire sortir la ressource de chez nous. »

Luc Simard s’est d’ailleurs dit extrêmement surpris d’apprendre que le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPBQ) appuie cette démarche.

« Le Syndicat, ce sont tous des gens d’ici, je ne comprends pas qu’ils acceptent ça. Si c’est le cas, je crois que le Syndicat comprend très mal son rôle! »

Ces propos trouvent écho chez Yanick Baillargeon, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy.

« Nous n’avons pas été interpellés, mais que ce soit le bleuet, le bois, l’aluminium, peu importe, on ne veut pas voir nos ressources quitter la région. Au contraire, il faut nous donner les moyens de faire cette transformation chez nous. C’est une question de gros bon sens. »

Économie locale

Si l’image d’une ressource qui quitte la région peut sembler forte, celle-ci doit être nuancée, estime le SPBQ.

« La dynamique a terriblement changé. L’an dernier, il y a des actionnaires d’Héritier qui ont dû travailler à l’usine, car il manquait de monde. Les transformateurs peinent à fournir. On parle de garder nos emplois, mais on a énormément de difficulté à les combler, on a besoin de travailleurs étrangers pour y arriver et encore. Les producteurs, eux, sont ici et vont continuer de réinvestir leurs revenus ici en tirant le juste prix de leur produit », fait valoir le président du Syndicat, Daniel Gobeil.

Il ajoute qu’il ne faut pas se leurrer et que des bleuets cueillis dans la région ont souvent été transformés à l’extérieur par les principaux transformateurs.

Pour sa part, le président de Grand Bleu, Daniel Leblond, rappelle que la vaste majorité de ses membres sont issus du Lac-Saint-Jean et que les retombées du projet y demeureront.

Transformateurs

Les transformateurs que nous avons contactés ont préféré ne pas commenter un dossier qui est présentement en développement.

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