Emporté par la Petite Décharge alors qu’il pêchait : Julien Lemay appelle à la vigilance

Julien B. Gauthier
Emporté par la Petite Décharge alors qu’il pêchait : Julien Lemay appelle à la vigilance
Julien Lemay se trouvait sur ces rochers lorsqu’il s’est retrouvé coincé sur la rivière, entouré d’eau. (Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Julien Lemay aurait pu y laisser sa peau le soir du 26 mai. Le passionné de pêche de 17 ans s’affairait pour une énième fois à cette activité dans un lieu pourtant si familier lorsqu’il a été emporté par le courant, alors que Rio Tinto avait ouvert ses déversoirs, augmentant drastiquement le débit de l’eau.

Il a tenté le tout pour le tout pour se sortir de sa fâcheuse position, manquant même se noyer alors que le fort courant a inondé sa tête pendant plus de 30 secondes.

Le jeune homme – qui pêchait seul sous le pont Carcajou à quelques minutes de chez lui vers 20h40 – n’avait pas entendu les alarmes retentissant à l’Île Sainte-Anne et n’avait pas aperçu le gardien venu avertir les pêcheurs de l’augmentation du débit d’eau.

« Je suis allé pêcher sur une roche, mon <Ri>spot<@$p> habituel. J’avais remarqué que le niveau de la rivière était bas, mais le débit de la rivière était un peu plus important. Cinq minutes plus tard, je voulais changer de rapala, car ça ne mordait pas. En me tournant, l’endroit où mon équipement se trouvait était complètement inondé. J’avais maintenant de l’eau au-dessus des genoux », raconte le jeune homme.

Son équipement, d’une valeur de 700 $, a été emporté dans la rivière. Julien Lemay a aussitôt compris ce qui venait de se passer. Les vannes du déversoir de la rivière Petite Décharge avaient été ouvertes.

Pour revenir sur la terre ferme, les rochers qu’il devait emprunter étaient inondés.

Coincé sous l’eau

« J’étais coincé en plein milieu de la rivière. Il fallait que je traverse la rivière. J’avais de l’eau au-dessus du nombril sur 5 à 10 mètres ».

Cependant, le jeune homme n’était au bout de ses peines. Tentant de quitter la rivière, il a été emporté par le courant sur une distance de 15 mètres jusqu’à ce que son pied se coince sous une roche, le dos à contrecourant, submergeant sa tête.

« Mon pied gauche est resté coincé sous une roche et le courant me poussait dans le dos. Je n’étais pas capable de le combattre. J’ai été sous l’eau un bon 30 secondes. J’ai pris un ou deux bouillons », relate-t-il.

Un habitué

Avec quelques égratignures, des bleus et une côte fêlée, le destin du jeune pêcheur aurait pu être beaucoup plus dramatique. Même s’il est un habitué, Julien Lemay s’estime chanceux.

C’était pourtant la quatrième fois depuis le début de la saison qu’il allait au même endroit. Par ailleurs, il va sur cette même roche, son <@Ri>spot<@$p> de prédilection, depuis plusieurs années.

Rio Tinto prend la situation au sérieux

Dès le lendemain de l’incident, deux enquêteurs de l’entreprise sont venus rencontrer Julien Lemay et ses parents. Ceux-ci ont pris la situation très au sérieux et lui ont même offert l’opportunité de proposer des améliorations afin d’éviter qu’une telle situation se reproduise.

Je leur ai proposé d’apposer des pancartes rouges qui avertissent des possibles variations de l’eau. L’installation de gyrophares est également quelque chose qui devrait être faite », propose le jeune homme, qui consulte quotidiennement le site web de diffusion énergie Rio Tinto.

D’ailleurs, il déplore qu’il soit impossible d’entendre les avertissements sonores de son lieu de pêche sous le pont Carcajou, qui retentissent à partir de l’Île Saint-Anne, en raison de la distance et du bruit de l’eau.

Le jeune homme espère également que l’entreprise lui remboursera ses équipements de pêche emportés par le courant.

Toutefois, une question perdure. Pourquoi Julien n’a-t-il pas entendu ou aperçu le gardien qui vient toujours préalablement avertir les pêcheurs d’une augmentation des crues? Selon lui, il était à la maison lorsqu’il est venu.

« Lorsque je suis allé voir une première fois, il y avait des pêcheurs. Quand je suis retourné à la rivière peu de temps après, ils étaient tous partis. Ça se peut que le gardien soit passé durant mon absence », croit-il.

Rio Tinto ouvert aux améliorations

Sans fournir de détails précis, Rio Tinto se dit ouvert à améliorer les règles de sécurité. « La sécurité du public est la priorité de Rio Tinto et de nombreuses mesures de prévention sont mises en place pour l’assurer, comme des campagnes de publicité, des infolettres et de l’affichage aux abords de nos installations. Rio Tinto collabore avec Produits forestiers Résolu, la Ville d’Alma et le Service incendie d’Alma pour évaluer des options visant à améliorer conjointement la sécurité », a affirmé une porte-parole.

Toutefois, il n’a pas été possible de savoir pour quelles raisons les vannes avaient été ouvertes.

Dans son bulletin printanier, Rio Tinto rappelle toutefois que les débits des rivières peuvent changer de façon brusque et rapide, et ce, peu importe le moment et qu’il faut toujours respecter l’affichage en place et les mesures de sécurité comme les barrières, clôtures et signaux sonores.

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Edith Gagné
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Edith Gagné

En réalité ce sont des endroits dangereux depuis toujours … c’est à nous la population d’en être conscient et très vigilant !!!