Gestion de l’offre comme « monnaie d’échange »: les bloquistes en ont assez

Julien B. Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Gestion de l’offre comme « monnaie d’échange »: les bloquistes en ont assez
Le Bloc Québécois a déposé le projet de loi C-216, qui vise à protéger la gestion de l’offre lors de négociations d’ententes économiques internationales. (Photo : Trium Médias - Archives)

Les bloquistes ont déposé le projet de loi C-216 qui vise à protéger la volaille, les produits laitiers et les œufs lors de la négociation d’ententes économiques internationales. Fait plutôt rare pour un parti d’opposition, la proposition a été adoptée par une majorité de députés à Ottawa.

S’il franchit toutes les étapes, le projet empêchera le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement d’utiliser la gestion de l’offre « comme monnaie d’échange dans le cadre de négociations internationales », selon le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe.

« C’est la première fois qu’un tel projet de loi est déposé à Ottawa et qu’il y a un vote dans lequel la majorité des élus reconnaissent qu’il faut interdire au gouvernement fédéral d’utiliser le gagne-pain de nos producteurs agricoles comme monnaie d’échange dans le commerce international », explique le député.

Tous les partis ont appuyé le projet de loi, à l’exception des conservateurs qui ont été divisés sur la question.

« Ce sont toujours nos agriculteurs qui payent le prix. Si nos producteurs font faillite et qu’au même moment, des produits fromagers ou laitiers arrivent des États-Unis ou de l’Europe, ça serait terrible, surtout en temps de pandémie. C’est une question de souveraineté alimentaire. »

Rien n’est toutefois sûr, car si les rumeurs d’élection fédérales au printemps se confirment, le projet de loi tombera caduc avant d’être sanctionné. Normalement, le processus peut prendre plusieurs mois.

Rumeurs d’élections

La ministre des Finances Chrystia Freeland déposera le budget fédéral le 19 avril prochain, ce qui nécessitera un vote de confiance des partis d’opposition. Comme Trudeau dirige un gouvernement minoritaire, des élections pourraient bien être déclenchées s’il n’obtient pas l’appui de la majorité des députés.

« Moi, je suis prêt à aller en élection. Mais est-ce vraiment nécessaire? Nous sommes en pleine pandémie. Pensez-vous vraiment que les gens en ont envie? Tout ce que Trudeau souhaite, c’est d’aller chercher une majorité. »

Brunelle-Duceppe ajoute que les gouvernements minoritaires favorisent les discussions entre les différents partis.

« Justin Trudeau soutient que le parlement ne fonctionne pas. C’est faux. Partout à travers le monde, il y a des gouvernements minoritaires. C’est même la norme dans certains cas. C’est possible de le faire, c’est même responsable. »

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