Il ne reste qu'une seule chauve-souris dans la caverne du Trou de la Fée

Photo de Isabelle Tremblay
Par Isabelle Tremblay
Il ne reste qu'une seule chauve-souris dans la caverne du Trou de la Fée

Il ne reste qu’une seule chauve-souris dans la caverne du Trou de la Fée de Desbiens, en raison du syndrome du museau blanc.
Alors qu’elles étaient près de 400 il y a quelques années, une seule bête a été aperçue lors du décompte effectué la semaine dernière. Le printemps dernier, il y en avait sept. L’espèce est en voie de disparition depuis que le syndrome museau blanc (SMB) a envahi le Canada en 2010 et les États-Unis, en 2006.
Selon Gerry Desmeules, directeur général du site touristique, le phénomène a commencé à se répandre vers l’ouest de l’Amérique du Nord, il y a quelques années. « Cette maladie est un champignon qui se propage très rapidement et l’infection se développe pendant l’hibernation. Il atteint le museau les oreilles ou les ailes des bêtes », précise-t-il. À Desbiens, la maladie a tué les petites brunes et la chauve-souris nordique. Le taux de mortalité est extrêmement élevé, selon les statistiques. « La chauve-souris est maintenant sur la liste des espèces menacées d’extinction », pointe M. Desmeules.
La caverne du Trou de la Fée mesure 225 pieds. Sa dénivellation est de 125 pieds. L’unique petite bête qui s’y trouve a été aperçue dans la dernière des trois chambres de la grotte. « On est content d’en avoir encore une, mais il est certain que nous aimerions en trouver davantage », poursuit le gestionnaire du site, dont la mission est de mieux faire connaître la chauve-souris. « La majorité des gens n’aime pas ça. Ils préfèrent de loin l’ours blanc ou le renard. »
Des milliards en jeu?
Gerry Desmeules persiste et signe. D’après lui, le SMB a des impacts importants chez les agriculteurs. « Ils dépenseront beaucoup plus d’argent pour acheter des insecticides, puisque cette bestiole se nourrit principalement d’insectes. Certaines mangent jusqu’à 600 moustiques à l’heure. »
À l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le président Mario Théberge souligne que le sujet n’a jamais été abordé autour de la table. « Aucune étude ne démontre que l’extinction de chauve-souris a des impacts pour nous », affirme-t-il. Il ajoute que de nouveaux ravageurs se retrouvent dans les champs en raison des changements climatiques et que ceux-ci ont des impacts sur la quantité d’insecticides que les agriculteurs doivent se procurer.

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