« Je veux vivre! » – Léonard Côté

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
« Je veux vivre! » – Léonard Côté
L’année 2021 n’aura pas été de tout repos pour Léonard Côté, qui est hospitalisé depuis près d’un an en raison de l’amputation de ses deux jambes. (Photo : courtoisie)

Le simple fait de penser que l’on pourrait un jour perdre l’usage de nos membres suffit à donner froid dans le dos. Pourtant, c’est la tête haute et avec la rage de vivre que Léonard Côté traverse cette épreuve, lui à qui on a dû amputer les deux jambes l’an dernier.

La vie de celui qui fût maire d’Hébertville pendant 19 ans a soudainement basculé le 17 mars 2021. Pris d’une douleur aiguë à la jambe droite, il est transporté d’urgence à l’hôpital de Québec.

« Je savais que ça n’allait vraiment pas bien. J’avais tellement, tellement mal que ce n’était pas endurable. »

Sur place, on lui apprend que des complications liées à son diabète ont provoqué la prolifération de la gangrène à son pied droit. Au stade où la maladie en est, la seule solution est l’amputation.

En l’espace de deux mois, « ils ont dû me couper la patte trois fois », indique Léonard Côté. C’est que les médecins, qui tentent désespérément d’éviter une amputation complète de la jambe, doivent chaque fois se résoudre à lui en retirer une partie supplémentaire.

La souffrance cesse enfin lorsqu’il ne reste à Léonard Côté que le haut de sa cuisse.

Le cauchemar se poursuit

À peine se remet-il de ses tourments que la vie s’acharne à nouveau sur l’homme de 74 ans, qui se met à ressentir des douleurs similaires à la jambe gauche.

Là encore, les chirurgiens n’auront d’autre choix que de lui amputer la jambe à partir du bas de la cuisse.

En un très court laps de temps, l’homme aura dû être soumis à cinq anesthésies générales, si bien que ses organes s’en trouvent grandement atteints. Son état doit être stabilisé avant qu’il ne subisse sa sixième et dernière chirurgie à l’automne dernier.

« J’ai passé presque toute l’année à l’hôpital. Je suis allé chez moi seulement cinq fois pendant tout ce temps-là. »

« Je veux vivre! »

Même si son calvaire lui apparaît interminable, pour le propriétaire de Ferme Léonard et Lise Côté, il n’a jamais été question de jeter l’éponge. Il se battra jusqu’au bout.

« Un moment donné, le médecin m’a dit que ma sœur lui avait demandé de tout faire pour me sauver parce qu’elle avait vu dans mes yeux que je voulais vivre. Sans ça, je ne pas sûr s’il m’aurait récupéré », confie Léonard Côté, qui peine à retenir ses sanglots.

Et c’est vrai, poursuit-il, « je veux vivre! ». C’est que selon lui, son heure n’a pas encore sonné.

Père de quatre enfants, grand-père de huit petits-enfants et arrière-grand-père de trois arrière-petits-enfants, Léonard Côté a au moins 15 bonnes raisons de s’accrocher à la vie.

« C’est ÇA qui m’anime », dit-il fermement, la voix encore tremblante d’émotions.

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