Joël Martel : Le charmant musicien absurde

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Par Janick Émond
Joël Martel : Le charmant musicien absurde
(Photo : TRIUM MÉDIAS - Janick Émond)

« Pour moi, la musique, ça a toujours été associé à des moments de joie et de rassemblement, à des moments cool et fun. Pour moi, c’est le moment de s’amuser et de sourire. Pour reprendre Serge Gainsbourg, la chanson, c’est un art mineur. »

En 2017, l’Almatois Joël Martel a pris les internet et les stations de radio d’assaut avec ses chansons La toune de l’été, ou encore Les bebittes deux vers d’oreilles complètement décalés. Même s’il compose de la musique depuis plus de 25 ans, c’est depuis ce moment qu’il attire plus l’attention.

Il a commencé à jouer de la musique à l’âge de 8 ans. Vers ses 12 ans, lorsqu’il est arrivé au secondaire, il a connu ses deux premiers amis avec qui il s’est mis à faire de la musique plus sérieusement. Dès lors, il avait déjà son style qui lui est tout simplement unique, mélangeant les sons de synthétiseurs, de guitares et de claviers à des paroles absurdes, mais accrocheuses.

« Je dis souvent que ça a beaucoup évolué depuis le temps. Mais en fin de semaine, ma blonde était en train de faire une croustade de pommes et ça m’a rappelé que mon premier hit que j’ai fait à l’école, ça s’appelait Croustade de pommes », lance-t-il en éclatant de rire.

Il ajoute que pour lui, la musique n’a jamais été quelque chose qu’il a pris au sérieux. Il ne croit pas qu’une chanson peut changer le monde, donc pour lui, ce n’est qu’une partie de plaisir.

« J’ai toujours trouvé que les gens mettaient la musique sur un piédestal, comme si c’était le bout de la marde. On le sait tous qu’au fond que ça prend juste cinq minutes écrire une toune (rires). Je n’ai jamais pris ça au sérieux, mais je respecte ceux qui y mettent leurs énergies, ça reste quand même une forme d’art. »

Inspirations

Salade mentale, Le château de soucisses, le McE.P., Joël Martel s’inspire de tout et n’importe quoi pour écrire ses albums. Des choses qui peuvent sembler banales, mais qui, pour lui, peuvent être une grande source d’inspiration. Par année, il peut sortir de deux à trois mini albums.

« Ça vient tout de seul. Je peux être en train de prendre une marche et d’écouter un podcast en même temps, et un moment donné j’entends une phrase qui me fait rire et en arrivant chez nous, je pars dans un délire de création. »

Joël Martel et les pépites d’or : En nomination au GAMIQ

Avec Boca et Fastlight, ils forment le groupe Joël Martel et les pépites d’or.

Depuis qu’il fait de la musique, Joël Martel a enchainé le nombre de groupe dans lesquels il a joué. Aujourd’hui, on peut le retrouver dans Joël Martel et les pépites d’or, accompagné de ses deux meilleurs amis, Boca et Fastlight. Ils ont d’ailleurs été sélectionnés pour leur album Michel au Gala de l’association de la musique indépendante du Québec (GAMIQ), dans la catégorie Album Indie Rock. 

« Je suis chanceux de pouvoir jouer avec eux gratuitement. Ils sont impliqués dans plein de projets musicaux où ils sont payés, mais avec moi, ce n’est que pour le plaisir. Ça serait donc une belle façon de les remercier que de gagner le prix. En plus, c’est assurément l’album sur lequel ils ont travaillé le plus pour le groupe », indique Joël.

Michel

Michel, c’est un album qui pourrait être qualifié de film auditif. Comme le raconte Joël, l’idée est venue un soir de spectacle à Roberval, alors qu’il venait de s’acheter un nouveau synthétiseur. Grand amateur de films d’horreur, il a demandé à Boca et Fastlight de l’aider dans un projet d’album d’Halloween.

« Ils ont tout de suite embarqué. Par contre, plus je travaillais dessus, plus je me disais que ça serait bien de faire un album hommage aux films d’horreur, mais en musique. Ça a fini avec un film audio d’une trentaine de minutes et pour faire la narration, on est allé chercher Phil Brach ! »

Suite

Dans la même veine que les films Halloween, Michel aura une suite… sans Joël Martel.

« Les gars, au moment où on se parle, travaillent comme des malades pour sortir Michel 2. L’idée est venue de mon ami humoriste Max Gervais, qui est dans le duo d’humour Les Pics-bois. Il m’a demandé si ça me dérangeait qu’il fasse ça et qu’il le fasse avec Boca et Fastlight en plus, mais moi, je ne pouvais pas demander mieux », lance-t-il.

Au moment d’écrire ces lignes, Michel 2 n’est toujours pas sorti, mais il pourrait bien l’être au moment de la parution. L’album devrait sortir d’ici le 31 octobre.

Le Prince du temps

Joël Martel a toujours été très actif sur les réseaux sociaux.

La popularité de Joël Martel a complètement explosé sur Facebook. Son humour absurde et ses publications qui semblent inutiles font mouche.

« J’ai toujours fait des affaires fuckées sur internet, mais longtemps, j’ai cru que je faisais ça pour ceux qui faisaient des jokes sur internet, que je ne touchais pas un grand public. Mais depuis trois ou quatre ans, je dois avouer que c’est rendu weird », raconte Joël Martel, alias Le prince du temps sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, il compte tout près de 7 000 mentions j’aime sur sa page. Même si ça peut sembler peu, il compte sur un groupe de fans très fidèle qui suit les aventures absurdes du Prince.

« Ce que j’aime dans mes jokes, c’est qu’il n’y a pas de jokes justement. Tu as l’impression d’être dans une joke, mais qu’il n’y en a pas. Ça me fait beaucoup rire. »

Ce type d’humour, il le pratique depuis extrêmement longtemps et il explique mal pourquoi, soudainement, il a fait fureur.

« C’est comme si le monde était finalement prêt pour ça. Il y a plusieurs années, j’étais ami avec des gars comme Jay Saint-Louis ou Gab Roy, qui ont rapidement pogné sur internet. Ils faisaient des montées de lait et à ce moment, c’est ce que les gens voulaient, quelqu’un qui n’a pas peur de frôler la controverse et de se mettre en danger. Pendant ce temps, j’étais là aussi, mais dans un style complètement différent qui ne rejoignait pas autant de monde. »

« C’est comme si à ce moment, tout le monde voulait embarquer dans des montagnes russes, pendant que moi, j’étais juste le gars bizarre assis à la fontaine qui dit des conneries. Mais un moment donné, tout le monde se tanne des montagnes russes et veut juste aller s’asseoir à côté de la fontaine pour relaxer. C’est souvent ces moments-là de relaxation qu’ils vont reparler ensuite. Ils ne reviennent pas sur l’expérience des manèges, mais sur le gars un peu weird de la fontaine. »

Tranquillement

Cette lente ascension vers la popularité n’a jamais dérangé Joël, bien au contraire. Il est fier d’être allé chercher un à un ses abonnés.

« Quand je regarde des gars comme Mathieu Bonin, il a atteint un niveau de popularité très rapidement. Il s’est trop approché du soleil et il a fini par se brûler et il y en a plusieurs autres comme ça. Moi j’ai pris des notes. Si un jour je sens les rayons, je dois me rappeler que je n’ai pas besoin d’aller vérifier s’il brûle, le soleil. »

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