La 5e cellule d’enfouissement viendra clore le site de l’Ascension

La Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean poursuit sans déroger de son plan de match. On érige présentement la 5e et dernière cellule d’enfouissement sur le site de l’Ascension en prévision de sa fermeture définitive le 31 décembre 2013. Au même moment, le travail se poursuit dans le projet du futur lieu d’enfouissement technique à Hébertville-Station. De ce côté, l’objectif est d’aménager à l’été 2013 une première cellule d’enfouissement technique (identique à celle de l’Ascension) et un bassin de rétention des eaux pour y accueillir dès le 1er janvier 2014, les camions de vidanges de toute la région du Lac-Saint-Jean.

Ce matin, lors d’une visite du site de l’Ascension en compagnie du directeur général, Guy Ouellet et de Jonathan Ste-Croix, conseiller en gestion des matières résiduelles et responsable des équipements et des infrastructures des 15 plans d’opération de la RMR sur le territoire Lac-Saint-Jean, il a été possible d’assister au travail des employés chargés de mettre en place la 5e et dernière cellule d’enfouissement sur le site en question.

Ce travail, il est tout aussi impressionnant que minutieux et se compose d’une série de couches de différents matériaux pour en quelque sorte créer une immense cuvette parfaitement hermétique par-dessus laquelle, une fois remplie, on viendra mettre en place un couvercle tout aussi hermétique.

Jonathan Ste-Croix n’hésite pas à comparer cette cellule à un plat « Tupperware ». Une fois scellé, on y enfonce à des endroits précis des capteurs de biogaz (méthane) qui sont ensuite acheminés vers l’Usine Arbec, à quelques kilomètres de là qui utilise ce combustible dans le cadre de ses opérations pour notamment remplacer le mazout dans les opérations de séchage du bois.

Un travail de moine

L’empreinte au sol de la cellule d’enfouissement représente une surface de quelque 11 500 mètres carrés. Notamment, les travailleurs utilisent des véhicules VTT pour se déplacer sur la surface et comme moyen de traction pour dérouler les immenses rouleaux de la géomembrane utilisée pour confectionner la cuvette de la cellule.

Dans l’ordre, il y a d’abord le fond d’excavation qui délimite le périmètre. Une couche de sable est étalée uniformément avant d’y installer une natte de bentonite. Ce produit a la faculté de réagir en présence d’eau. C’est à dire que si jamais les géomembranes du dessus seraient perforées accidentellement, la bentonite réagira pour auto-colmater le trou.

On installe ensuite la géomembrane secondaire qui a une direction précise d’écoulement vers les capteurs de drainage. Juste au-dessus, on installe un géofilet de drainage sur lequel reposera la géomembrane principale qui elle aussi possède une direction précise d’écoulement.

C’est ce sandwich qui assurera l’étanchéité parfaite de la cellule.

Avec minutie, les employés relient chacune des bandes de géomembrane au moyen d’une trermo-soudure. Le centre de cette soudure comporte un espace vide dans lequel on introduit de l’air sous pression pour s’assurer que le joint est parfaitement étanche.

Au fur et à mesure que l’on assemble ces bandes de géomembrane, on crée le bassin de rétention.

On pose ensuite un géotextile de protection et 50 millimètres de sable.

La cellule est ainsi créée et pourra accueillir 96 500 mètres cuves de déchets, soit quelque 58 000 tonnes.

Au moment où l’on entreprend l’utilisation de la cellule, pour les deux premiers mètres, afin de ne pas endommager les membranes, il n’y a pas de compactage des déchets. Par la suite, un tracteur avec d’immenses roues dentées en acier compactera les déchets jusqu’à l’obtention d’une montagne de quelque 15 mètres de haut.

D’ici la fin novembre, cette 5e cellule sera construite mais elle n’entrera en service qu’en avril 2013 pour les quelque huit derniers mois de vie utile du LET de l’Ascension.

Également, au printemps, on amorcera la fermeture définitive des cellules #1 et #2 utilisées en 2008 et 2009. Une couche de sable sera appliquée également sur le sommet de la cellule. Après quoi, on viendra y apposer une géomenbrane qui sera thermo-soudée avec la géomembrane du dessous, pour former un immense plat parfaitement hermétique. On recouvrira le tout d’une couche de terre d’ensemencement.

Il restera ensuite à mettre en place les capteurs de biogaz et de les relier au réseau qui conduit ce gaz vers l’Usine Arbec.

Également, des piézomètres sont installés sur tout le pourtour pour s’assurer qu’il n’y a aucune perte d’eau.

La construction de cette 5e cellule représente un contrat d’un peu moins d’un million $ et les travaux sont réalisés par l’entreprise terrassements Jocelyn Fortin. Pour le recouvrement des cellules et la mise en place des capteurs de gaz, une autre somme de quelque 1,3 M $ sera nécessaire.

Goélands

Naturellement, on ne peut passer au site de l’Ascension sans remarquer la présence d’une imposante colonie de goélands. Ceux-ci fréquentent le site depuis sa création au début des années 80.

« Ce sont des oiseaux protégés. Ils sont habitués ici et on les tolère car si on les effarouche, ils vont aller créer un problème ailleurs. Sur le futur site d’Hébertville-Station, il n’y a pas de goélands et l’on a prévu des moyens techniques pour les effaroucher si jamais une colonie tentait de s’y établir », a tenu à rassurer le directeur général Guy Ouellet en soulignant que les goélands que l’on retrouve au lieu d’enfouissement sont les mêmes que l’on retrouve dans les champs des agriculteurs aux environs, quand ils labourent.

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