La chasse à l’orignal de plus en plus populaire

Louis Potvin, journaliste de l'Initiative locale de journalisme
La chasse à l’orignal de plus en plus populaire

La chasse à l’orignal gagne en popularité dans la région. Le nombre de permis acheté augmente chaque année, surtout quand il est possible d’abattre le mâle, la femelle et le veau.

C’est ce qui se dégage de l’analyse des statistiques fournies par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et des consultations faites auprès du président régional de la Fédération des chasseurs et pêcheurs, Michel Bouchard, et du copropriétaire de Pronature Lac-Saint-Jean, Simon Blackburn.

« On sent depuis quelques années un intérêt particulier pour la chasse à l’orignal. Je crois que c’est le plan de gestion mis en place par le ministère qui a ainsi incité les gens à se réintéresser à la chasse puisque les succès de chasse sont au rendez-vous », exprime le président, Michel Bouchard.

« On le constate dans nos magasins par le nombre de personnes qui se procurent le permis, mais aussi par la vente d’armes, de munitions et tout ce qui entoure la chasse à l’orignal. L’engouement est là et je crois que ça devrait augmenter cette année dans le contexte de la COVID-19 », estime Simon Blackburn, qui est copropriétaire des quatre succursales Pronature.

Plus de 28 000 permis

En 2019, le nombre de permis délivré a été de 28 079 au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour comparer, il faut utiliser les chiffres de 2017 et 2015 alors que la chasse aux mâles, femelles et veaux était possible. En 2017, 27 621 permis avaient été délivrés et 26 071 en 2015. L’augmentation est donc constante.

La chasse représente un apport économique d’environ 72 M$ au Saguenay-Lac-Saint-Jean selon les extrapolations faites à partir des résultats pour le Québec. (Photo Pixabay)

À titre comparatif, en 2018, alors qu’il n’était possible que d’abattre mâles et veaux, 26 852 permis ont été achetés.

Les résultats de chasse sont donc conséquents. En 2019, 4 774 orignaux ont été tués comparativement à 2 528 en 2018.

Apport économique

La chasse représente un apport économique non négligeable au Québec et en région. Selon une étude réalisée en 2016 par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, environ 800 M$ sont dépensés par année par les chasseurs québécois.

Ainsi, on estime qu’environ 473 M$ ont été déboursés par les chasseurs en dépenses courantes (frais de transports, nourriture et autres) et 321 M$ en biens durables (armes, véhicules et autres).

Comme 9% des chasseurs du Québec proviennent du Lac-Saint-Jean, il est possible d’extrapoler que les retombées régionales seraient de l’ordre de 72 M$ par année. La dépense moyenne par chasseur serait de 1 560 $ en dépenses courantes et 1 060 $ en biens durables.

En dix ans, la popularité pour la chasse à la perdrix a baissé considérablement, possiblement en raison de la présence importance de chasseurs à l’orignal.(Photo Pixabay)

Baisse pour la perdrix et la sauvagine

Pour ce qui est de la chasse au petit gibier, comme la perdrix, et pour la sauvagine, on note un recul, mais pour des raisons différentes.

« C’est un peu moins populaire pour la perdrix, probablement en raison de la cohabitation difficile quand c’est le temps de la chasse à l’orignal. Aussi, il est difficile d’attirer la relève, qui a plusieurs autres activités qui lui sont proposées », avance le président régional de la Fédération des chasseurs et pêcheurs, Michel Bouchard.

Pour preuve, en 1998-1999, le nombre de permis émis pour le petit gibier a été de 191 673 pour dégringoler à 156 212 en 2019-2020.

Pour sa part, Simon Blackburn pense que la chasse à la perdrix pourrait être plus populaire cette année.

« Comme il y a des gens qui n’iront pas en Floride, ils vont peut-être recommencer à chasser et c’est relativement facile pour eux de s’équiper. J’ai l’impression qu’il va y avoir plus de gens en forêt cette année. »

Il note d’ailleurs que les ventes de munitions de calibre .410 et .22 ont été très bonnes jusqu’à maintenant.

Oie et bernache

La situation est tout autre pour la chasse à l’oie des neiges et la bernache. L’accès aux champs est rendu plus difficile puisque des guides, dont certains provenant de l’extérieur, s’entendent avec des agriculteurs pour réserver des champs en les payant.

« Ils vendent des forfaits entre 250 $ à 325 $ par jour aux chasseurs, ça réduit donc le nombre de places disponibles pour les gens de la région. On peut comprendre les agriculteurs qui vont signer des ententes avec les plus offrants, mais ça décourage les chasseurs locaux », déplore Michel Bouchard.

Il n’y a que les habitués qui ont déjà des ententes qui peuvent continuer à chasser dans les champs des agriculteurs. Chez Pronature, on note une baisse dans la demande d’armes et d’appelants liés à la chasse à la sauvagine.

Cette année, difficile de prévoir à quoi ressemblera la chasse à la sauvagine puisqu’en raison de la COVID-19, il n’y a pas eu de relevé fait de nidification dans le Grand Nord.

Aussi, cette année, le quota pour la bernache passe de 5 à 2 à partir du 26 septembre.

Les ventes de matériel de chasse vont bien dans les magasins de plein air.(Photo Trium Médias – Louis Potvin)

Les ventes d’équipements pour la chasse vont bien

La saison de chasse 2020 s’annonce prometteuse selon les ventes enregistrées jusqu’à maintenant dans les magasins de plein air. Par contre, les commerçants pourraient se retrouver en rupture d’inventaire, notamment pour les munitions.

« En raison de la COVID-19, les fabricants de munitions aux États-Unis en ont moins fabriqué. On commence à sentir une rareté pour certains modèles spécifiques. On n’a pas pris de chance et on s’est stocké en conséquence, mais c’est une réalité », mentionne Simon Blackburn, de Pronature.

La variété de télescopes disponible est également réduite cette année.

Selon Simon Blackburn certains chasseurs se sont montrés prévoyants.

« On a vendu plus d’armes de chasse qu’à l’habitude au printemps. Est-ce un signe qu’il va y avoir plus de chasseurs ou ce sont des personnes qui ont décidé d’acheter des armes plus haut de gamme? »

Il est encore tôt pour évaluer si la saison de chasse sera très bonne. La vente de permis n’est pas commencée et les chasseurs ont tendance à faire leur achat à la dernière minute. Le fait que cette année, la chasse est permise que pour le mâle et le veau, pourrait en freiner certains.

« J’ai l’impression que les gens vont vouloir aller dans le bois dans le contexte actuel. Déjà, on sent un bon achalandage dans nos magasins, il y a plus de monde qu’à l’habitude. Seulement pour l’ajustement des carabines, nous avons dû en faire une centaine au total dans nos quatre magasins la semaine dernière (24 août). »

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