Le dénombrement fait état de 7 chauves-souris vivantes

Le dénombrement fait état de 7 chauves-souris vivantes

TROU DE LA FÉE. Mardi dernier, le dénombrement des chauves-souris à l’intérieur de la caverne du Trou de la Fée, à Desbiens, a permis d’identifier 7 spécimens encore vivants et qui ont bien survécu à l’hiver

On se rappellera que le décompte effectué à la fin novembre dernier faisait état de la présence de seulement 11 chauves-souris à l’intérieur de la caverne, une colonie qui en comptait plus de 400 il y a quelques années.

Cette baisse radicale de la population de chauves-souris est reliée au syndrome du museau blanc, une infection fongique qui décime les populations de chauves-souris cavernicoles de l’Est du continent, y compris celles du Québec.

Le champignon responsable du syndrome du museau blanc se développe uniquement l’hiver, dans les sites d’hibernation (grottes ou mines abandonnées). Les chauves-souris atteintes se réveillent plus fréquemment de leur hibernation, ce qui réduit rapidement leurs réserves d’énergie jusqu’à les faire mourir d’épuisement.

« On est agréablement surpris même si on ne saute pas de joie. Je dois vous dire que pendant qu’on se rendait vers la caverne, on ne savait vraiment pas trop à quoi s’attendre et on se demandait bien ce que l’on allait découvrir », raconte Gerry Desmeules, directeur du Parc thématique de la caverne du Trou de la Fée.

Expédition

Mardi dernier, Mathieu McCann, biologistes au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs et Gerry Desmeules, se sont offerts une véritable expédition car le site n’est pas accessible en hiver.

« Nous avons fait un bout de chemin en motoneige, jusqu’à la première barrière et ensuite le reste en raquette. Il y a encore trois ou quatre pieds de neiges dans les sentiers. La rivière et la chute Martine sont totalement gelées, ce qui offre de magnifiques paysages », relate Gerry Desmeules.

Les deux hommes sont partis à 13 h 30 pour n’être de retour qu’à 19 h 30.

Mathieu McCann a dû briser un peu glace et de la neige durcie à l’entrée de la caverne avec une pioche qu’ils avaient préalablement amenée. Également, ils ont dû pelleter à l’aide de leurs raquettes pour dégager l’entrée et enfin pénétrer à l’intérieur de la caverne.

« Le premier constat, c’est que les parois étaient sèches. Normalement il y a plus d’humidité (95 %) et là, c’était sec, mais on a déjà vu ça auparavant. Également, qui dit humidité, dit champignons… On a fait le tour et le nombre de chauves-souris retrouvées est de 7 spécimens. D’après nos observations, elles sont toutes infectées. Mais nous sommes tout de même contents, car il en reste et elles nous apparaissent moins infectées qu’aux dénombrements précédents. Sur la photo de chauve-souris, on peut très bien voir la présence de champignon sur l’aile seulement », constate Gerry Desmeules.

Mathieu McCann a donc fait des prélèvements au sol et sur la paroi pour analyser à savoir s’il y a présence du champignon. La dernière fois, le même type de prélèvements avait été fait aussi et seulement les prélèvements sur une chauve-souris elle-même étaient positifs.

Malheureusement, mardi dernier, les chauves-souris étaient hors de portée, donc il n’y a pas eu de prélèvement direct sur un spécimen.

Ils ont réussi à s’approcher suffisamment d’une pour les photos mais celle-ci s’est réveillée, a pris son envol et est allée se poser plus loin, dans un secteur inaccessible.

Gerry Desmeules et Mathieu McCann sont ainsi demeurés plus de 90 minutes à l’intérieur de la caverne où tout semblait normal en cette fin d’hiver ou les chauves-souris vont poursuivre leur sommeil jusqu’au retour de la chaleur et des insectes nécessaires à leur alimentation.

Les résultats d’analyse des prélèvements seront connus dans quelques semaines.

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