Le Dr Fabien Bonnefoy a choisi le Québec

Le Dr Fabien Bonnefoy a choisi le Québec

STAGIAIRE. Depuis octobre dernier, une voix tranche à l’Unité de médecine familiale (UMF) au CSSS Lac-St-Jean. Le Dr Fabien Bonnefoy accueille la clientèle, parfois un peu surprise de retrouver en région ce sympathique français qui pratique la médecine de famille. Jusqu’au 9 janvier, il complète son stage de trois mois, après quoi, il nous quittera pour aller pratiquer la médecine au CSSS de Sorel-Tracy. Son allure générale trahit quelque peu l’autre passion du Docteur Bonnefoy, un auteur-compositeur-interprète qui troque volontiers le stéthoscope pour la guitare, la nuit venue.

Ce stage de trois mois lui permettra notamment de faire l’équivalence entre la médecine française et québécoise au chapitre des protocoles et de la médicamentation.

« Pourquoi on est là ? Ma femme est d’origine Iranienne (Perse) et on est très ouvert sur le monde et on voyageait beaucoup. On a de la famille aux États-Unis et on connait très bien le Québec. On venait souvent en vacances ici car on aime le coin. On est tombé en amour de votre beau pays, un pays magnifique. On est venu pourquoi? Surtout pour le sourire québécois. Ça, c’est extrêmement important car vous avez un accueil chaleureux qui est unique dans le monde et ça, je tiens vraiment à le souligner. Votre accueil est d’une chaleur humaine incomparable », insiste Fabien Bonnefoy.

De Paris à Alma

En 2011, la France et le Québec ont signé une entente pour faciliter l’accès des médecins français à venir pratiquer au Québec.

En 2012, Fabien Bonnefoy a donc décidé de faire le grand saut. Une fois tous les papiers remplis et les formations validées, il devait donc faire un stage de trois mois sous la supervision d’un maître de stage.

Le manque de médecins de famille, mais surtout, la présence de l’Unité de médecine familiale au CSSS Lac-St-Jean a comme contribué à sa venue ici à Alma. Les médecins internes sont sous la supervision constante d’un médecin chef qui agit également comme maître de stage.

C’est ainsi que toute la petite famille (sa conjointe et ses deux enfants de 11 et 8 ans) s’est établi dans une maison louée sur le bord du lac Saint-Jean, dans le rang des Îles.

« C’est une expérience fabuleuse pour nous les adultes et pour les enfants qui sont à l’école St-Antoine. Le niveau de formation en mathématique notamment et en français est plus avancé ici et pour eux ce sont les matières importantes. Ici, contrairement à Paris, il vont à l’école en sifflant », souligne le médecin.

En processus d’adaptation

« La médecine, c’est la médecine. Le raisonnement est le même. On doit s’adapter sur les protocoles et le plus difficile, c’est sur les médicaments car ce ne sont pas les mêmes. Faut oublier les réflexes français pour adopter des réflexes différents. Mais dans le global, ça va très bien », avoue Fabien Bonnefoy.

Il a fait ses études de médecine à l’hôpital universitaire La Pitié salpêtrière, un hôpital très renommé. L’examen d’entrée est très difficile et seulement 10 % des gens qui se présentent sont acceptés. Le premier cycle de deux ans est plus diversifié et basé sur les matières générales et le 2e cycle qui dure quatre ans est basé sur tous les certificats (cardiologie, neurologie, hématologie, etc). Après quoi, il y a un examen très sévère pour obtenir son certificat de médecin. Après quoi, un autre concours permet de choisir sa spécialité.

Fabien Bonnefoy a complété sa thèse de médecin en 2002, mais de 1998 à 2014, il a travaillé comme médecin de famille dans une petite ville près de Paris. Il oeuvrait alors dans un cabinet privé avec une importante clientèle. Un peu comme notre modèle d’UMF au Québec.

« J’ai choisi la médecine de famille car c’est très intéressant, on peut voir beaucoup de cas et contrairement aux chirurgiens, par exemple, ça laisse un peu plus de temps libre pour faire mon autre métier de musicien », souligne Fabien Bonnefoy.

« Le côté musique, c’est ma drogue ! »

« Ce côté musique, il m’habite, c’est ma drogue », avoue Fabien Bonnefoy, un adepte du country rock et folk.

Quand il endosse son costume de musicien, il endosse également un alias « Mister Goodfaith » que l’on se doit de traduire par « Monsieur bonne foi »

« Je suis assez productif. C’est un besoin. J’écris quelques textes et après, je prends ma guitare », avoue celui qui a un album à son actif (Back to you), réalisé un clip et s’est présenté sur scène à de multiples occasions en France.

Un spectacle à Alma avant son départ: « Ce qui est un peu difficile, c’est que j’ai été deux ans avec des musiciens. En solo, c’est sympathique, mais il n’y a pas la même énergie. J’ai eu la chance de jouer avec des musiciens intéressants en France. Je suis tombé dedans dès l’âge de 15 ans. C’est sûr qu’avec les études, ce n’était pas simple, mais c’est toujours-là en moi », souligne-t-il.

Cependant Fabien Bonnefoy garde les deux pieds sur terre, trouvant l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa passion musicale.

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