Le président de la CRÉ, André Paradis, dénonce « les assauts sans précédent contre la forêt boréale et l'industrie qui en dépend »

Le président de la CRÉ, André Paradis, dénonce « les assauts sans précédent contre la forêt boréale et l'industrie qui en dépend »
André Paradis

Dans une longue lettre ouverte, le président de la Conférence régionale des élus, André Paradis, fait part des inquiétudes de son organismes face à l’avenir de la forêt boréale.

Voici intégralement, la teneur de sa lettre:

« Depuis plusieurs mois déjà, la Conférence régionale des élus du Saguenay–Lac-Saint-Jean est fortement préoccupée par l’avenir de la forêt boréale en région et sa mise en valeur. Plusieurs éléments circonstanciels, anciens et récents, font en sorte que nous devons une fois de plus, sonner l’alarme.

Un nouveau programme moins généreux et source de problème

L’analyse du nouveau Programme de développement régional et forestier, annoncé la semaine dernière par la ministre des Ressources naturelles, Mme Martine Ouellet, nous force à conclure que la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean en sera grandement perdante.

Au départ, malgré nos demandes répétées et après plusieurs mois d’attente, nous déplorons que cette annonce soit faite en pleine période estivale. Nous nous demandons ouvertement si le gouvernement a orchestré cette sortie tardive dans l’unique but de minimiser les réactions aux coupures majeures qu’il impose aux régions. Ce retard a évidemment des conséquences importantes pour tout le milieu du développement forestier.

Nous craignons fortement que dans sa mouture actuelle, ce nouveau programme divise la région car, en l’appliquant, la CRÉ et les MRC devront constamment concilier l’inconciliable. L’unité régionale qui nous caractérise sera maintenue dans un état de fragilité perpétuel, ce qui nous forcera à abandonner notre mission de défense des intérêts régionaux dans des dossiers tels les aires protégées, le caribou forestier et le Plan régional de développement du territoire public (PRDTP). Conséquemment, le modèle de concertation régionale que nous avons bâti est en péril.

De surcroît, la somme allouée à notre région est amputée de 1,5 M$ par rapport aux anciens programmes, soit une coupure nette de 31 % des investissements dans un domaine déjà fortement affecté. À cela s’ajoute une ponction directe pour soutenir la participation de la communauté autochtone à partir de l’enveloppe régionale. La CRÉ avait pourtant réclamé à cette fin un financement autonome puisque notre région est la seule à avoir conclu une entente paritaire de gestion avec une Première Nation.

Seul aspect positif que nous pouvons entrevoir, l’annonce de la révision de la répartition provinciale de l’enveloppe financière dédiée à ce programme. Nous espérons que les résultats de cet exercice reflètent adéquatement l’importance relative de notre territoire forestier par rapport à celui de l’ensemble du Québec. Actuellement, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, avec 25 % de la possibilité forestière québécoise, n’obtient pourtant que 14,8 % de cette enveloppe financière.

Le plan de rétablissement du caribou: Une menace directe

Aussi, n’oublions pas la récente adoption du Plan canadien de rétablissement du caribou forestier qui pourrait entraîner des impacts négatifs majeurs sur le volume de récolte de la matière ligneuse dans la région. Encore une fois, cette orientation a été adoptée sur la recommandation de groupes externes à la région, et ce, sans que celle-ci soit consultée.

La CRÉ dénonce le fait que des groupes de pression puissent ainsi imposer leur vision sur le développement de notre ressource forestière. Nous sommes d’avis que céder aux visées extrêmes de l’environnementalisme serait tout autant dommageable que l’exploitation sauvage de notre ressource forestière. En lieu et place, nous préconisons un développement durable qui contribue à l’harmonisation des trois piliers qui le composent, soit l’économie, l’environnement, et surtout, l’aspect social que ces groupes semblent répudier volontairement.

En plus de cela, s’ajoutent d’autres pertes comme ce volume ponctuel de 150 000 mètres cubes de bois qui a été récemment transféré au profit d’une autre région. Ceci correspond, pour l’année en cours, à une perte de 486 emplois. Notre inquiétude est totale, car le ministère des Ressources naturelles envisage de rendre ce transfert permanent.

Appel à la mobilisation

L’effet cumulatif de toutes ces mesures affecte inévitablement notre industrie forestière et la fragilise davantage. En prenant tout en compte, nous constatons que la forêt boréale du Saguenay–Lac-Saint-Jean subit des affronts multiples, doublé d’une absence de vision de la part du gouvernement du Québec. La situation est sérieuse et la sauvegarde d’une partie importante de notre économie régionale en dépend. Nous devons agir maintenant. La CRÉ et les élus ne peuvent être les seuls à défendre la forêt boréale, nous interpellons donc la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour qu’elle prenne le relais. Il faut convaincre nos députés régionaux afin qu’ils nous accompagnent dans la défense des intérêts supérieurs de notre région. »

 

André Paradis, Président

Conférence régionale des élus du Saguenay–Lac-Saint-Jean

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