Le seul urologue d’Alma prend sa retraite

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Par Yohann Harvey Simard
Le seul urologue d’Alma prend sa retraite
Le docteur en urologie Jean Robert affirme mettre fin à ses 35 ans de pratique avec le sentiment du devoir accompli. (Photo : Trium Médias - Yohann Harvey Simard)

Alma – Cela fait 35 ans que nuit et jour, le docteur Jean Robert, l’unique urologue d’Alma, se dédie à la clientèle de sa municipalité. Après d’incalculables heures de garde et de nombreuses vies sauvées, l’heure de la retraite a maintenant sonné.

En tant qu’urologue, Jean Robert affirme que des vies, il en a sauvées « autant qu’un pompier. »  D’ailleurs, un tel poste ne se quitte pas si facilement.

« Laissez-moi vous dire que c’est pas mal d’ouvrage! », affirme-t-il en parlant des 6 000 dossiers qu’il doit transférer au cours des prochains mois.

Il assure que ses patients n’ont pas de quoi s’en faire. Ils seront sous peu pris en charge par les huit urologues basés à Saguenay.

« Normalement, je demeure cessionnaire de mes dossiers, mais je vais faire des résumés de dossier pour les 80 à 100 patients que je suis régulièrement. Ensuite, je vais moi-même faire des demandes de consultation pour eux aux urologues de Saguenay. »

Pour ceux qui se demandaient s’ils pourront toujours obtenir des consultations à partir d’Alma, la réponse est oui.

« D’ici la fin du mois d’août, un urologue de Saguenay sera présent à la clinique externe d’Alma du lundi au vendredi. »

Regroupement

Jean Robert explique que désormais, les médecins spécialistes tendent davantage à se regrouper, comme c’est le cas à Saguenay. L’objectif étant de diminuer les heures de garde de chacun en procédant par alternance.

« Il n’y aura plus d’urologue seul à Alma. C’est fini ça. Peu importe le domaine, les gens accordent plus d’importance à leur qualité de vie. Et je les comprends. »

En effet, Jean Robert est bien placé pour les comprendre, lui qui a été de garde 11 jours sur 14 pendant une bonne partie de sa carrière.

« J’en ai passé pas mal des soirées et des nuits à l’hôpital! »

Cependant, si son travail lui a coûté cher en temps, cela lui a été rendu en gratitude.

« J’ai toujours fini mes heures de bureau en retard pour écouter mes clients. Je pense sincèrement que mon travail a été apprécié. »

Un deuil malgré tout

Plus qu’un travail, c’est tout un monde que Jean Robert laisse derrière lui. Il ne le fait d’ailleurs pas sans regret.

« Surtout à Alma, le contact avec les confrères va beaucoup me manquer. C’est un petit milieu où tout le monde se connaît. Ça crée donc un sentiment d’appartenance et une ambiance de travail excessivement plaisante. »

Originaire de Québec, Jean Robert s’est installé dans la « ville de l’hospitalité » dans les premières années de sa pratique, et jamais il n’a été question de la quitter.

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