Les Innus disent à ARBEC de faire ses devoirs

Les Innus disent à ARBEC de faire ses devoirs
L'unité forectière dont il s'agit est constituée d'un immense territoire de coupe de quelque 1

RÉACTION. Le Conseil des Innus de Pessamit (Betsiamites) tient à affirmer qu’il n’est en rien responsable de la suspension par le « Forest Stewardship Council » (FSC), du certificat de la société Arbec pour l’unité d’aménagement forestière 24-52. Il s’agit d’un immense territoire de coupe de quelque 1,1 million d’hectares, au nord de la région administrative du Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Du même coup, le Conseil soutient qu’il ne saurait non plus être question de « partie de bras de fer » entre la Première Nation et la forestière puisqu’il n’y a pas, à proprement parler, de conflit.

Selon le chef, René Simon, la situation actuelle est le résultat d’une défaillance de la part de l’entreprise, dans le processus d’obtention du « consentement pleinement éclairé » des Innus de Pessamit.

Dans un communiqué remis en ce début d’après-midi aux médias, le Conseil tient à clarifier les informations qui circulent.

Une époque révolue

Pessamit rappelle notamment à la société Arbec qu’elle aurait dû prioriser le processus d’obtention d’un tel consentement si elle souhaitait maintenir sa certification sur le territoire en question. On signale que le principe de consentement implique forcément la notion d’accommodement, et qu’il ne saurait y avoir d’accommodement sans qu’il y ait d’abord des rencontres et des échanges entre les parties.

« L’époque où l’on disait aux Autochtones de se dépêcher de signer au bas de la page est révolue! », mentionne le Conseil.

Question de priorité

En décembre 2014, la société Arbec réclamait une rencontre avec Pessamit, alléguant que la certification FSC de l’unité d’aménagement forestière 24-52, arrivaient bientôt à échéance. Bien qu’elle ait été au courant de cet échéancier depuis près d’un an, l’entreprise évoquait l’urgence d’agir dans les plus brefs délais.

« La société Arbec opère sur notre territoire ancestral (Nitassinan) depuis plus de 25 ans sans vraiment prendre le temps de nous rencontrer à moins qu’il y ait urgence. Le problème, c’est qu’à l’époque où elle faisait cette requête, nous avions déjà de nombreux engagements relatifs à d’autres projets industriels impliquant des entreprises qui elles, avaient pris le temps d’initier un dialogue avec nous. Ne disposant pas d’autant de ressources humaines qu’une société de la taille d’Arbec, nous avons accordé priorité aux échanges déjà engagés, et reporté le rendez-vous avec la forestière », rappelle le chef Simon.

Question de devoir

Résultat, la rencontre avec Arbec n’a pu avoir lieu avant la tombée de l’échéancier en avril 2015, ce qui explique le retrait de la certification FSC pour l’unité d’aménagement forestière 24-52.

Mais contrairement à certaines informations, ladite certification n’est pas perdue, elle n’est que suspendue. Arbec dispose en effet d’un an pour remédier à la situation et afin d’y arriver, elle devra accorder plus de sérieux et surtout plus des temps à ses relations avec Pessamit.

« Le gouvernement du Québec a l’obligation de rappeler aux entreprises qui exploitent la ressource forestières sur des territoires autochtones, qu’elles ont des devoirs envers les Premières Nations. Nos droits sur le Nitassinan sont reconnus par les plus hautes instances judiciaires au pays, et nous ne sommes pas responsables des conséquences que pourraient avoir sur leurs employés et leurs opérations, tout manquement à ce devoir de consultation qu’ont les exploitants du territoire », de conclure conclu le chef René Simon.

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