L’industrie du bleuet continue d’être tiraillée

Serge Tremblay
L’industrie du bleuet continue d’être tiraillée
Le fait que du bleuet récolté dans des bleuetières sur les terres publiques puissent être éventuellement transformé à l’extérieur ne fait pas l’unanimité. (Photo : archives)

L’industrie régionale du bleuet continue de brasser. Une demande est adressée à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) afin que les bleuets récoltés dans les bleuetières situées sur les terres du domaine de l’État puissent être transformés à l’extérieur de la région.

Actuellement, la convention de mise en marché en bleuetière prévoit que les bleuets récoltés dans les bleuetières situées sur les terres du domaine de l’État doivent être transformés par un acheteur qui détient une usine de congélation sur le territoire visé par le Plan conjoint des producteurs de bleuets du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Or, la coopérative Grand Bleu, qui regroupe autour de 90 producteurs, désire éventuellement faire affaire avec un sous-traitant de Sainte-Eulalie, Emblème Canneberge.

« Il faut bien comprendre que notre dossier est avancé, mais nous demeurons toujours à l’étape de projet pour l’instant. Nous avons trouvé un partenaire solide et afin d’agir en toute transparence, nous demandons à la Régie d’obtenir une exemption pour les gens dont les bleuetières sont situées sur les terres publiques et qui veulent embarquer avec nous », explique président de Grand Bleu, Daniel Leblond.

Au départ, Grand Bleu prévoyait construire une usine de transformation, mais la coopérative s’est heurtée à plusieurs embûches sur le plan financier qui l’ont amenée à revoir ses plans. Elle confierait la congélation en sous-traitance et effectuerait elle-même sa propre mise en marché.

« Les propriétaires privés, ce n’est pas un problème, nous pouvons aller de l’avant. Ce que nous demandons, c’est que les producteurs sur les terres publiques puissent eux aussi profiter du libre-choix. »

Sans entrer dans les détails, Daniel Leblond indique que les volumes de bleuets dont il est question sont « appréciables ». Selon les chiffres avancés par diverses sources, on parlerait de 7 à 10 millions de livres annuellement.

Appui du Syndicat

Le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPBQ) a donné son appui à la requête adressée à la Régie par Grand Bleu.

« Le Syndicat est là pour le bien de ses membres. Je ne vois pas comment on pourrait aller à l’encontre de 90 producteurs qui ont décidé de se prendre en main », affirme son président, Daniel Gobeil.

Un joueur additionnel dans l’industrie du bleuet ne pourrait pas nuire, puisque les transformateurs actuellement en place peinent à répondre, dit-il.

« Le gros avantage que je vois, c’est de libérer des boîtes pour le reste des producteurs. On se retrouve souvent le 5 ou le 6 septembre avec le sol encore bleu à attendre après des boîtes pour nos bleuets. Plus on attend, plus on court des risques de gel et de pertes. »

Tensions

En arrière-plan, il y a toutes les tensions que l’on retrouve dans l’industrie du bleuet depuis plusieurs années. Le SPBQ tente depuis longtemps de connaître les chiffres des transformateurs pour établir si les producteurs obtiennent le juste prix pour leur produit.

Chez Grand Bleu, on indique que le projet en est plutôt un de prise en main par les producteurs de leurs activités. On ne souhaite pas entrer en conflit avec les autres transformateurs.

« On veut respecter les autres transformateurs qui sont impliqués dans le plan conjoint. C’est pour cette raison que nous y allons d’une démarche transparente devant la Régie », soutient Daniel Leblond.

 

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