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L’itinérance de plus en plus visible à Alma

Yohann Harvey Simard
Le 17 juin 2022 — Modifié à 15 h 35 min le 18 juin 2022
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Des intervenants du milieu communautaire se disent inquiets à l’approche du 1er juillet. Alors que les logements se font de plus en plus rares, on craint que les personnes plus démunies soient les premières à en souffrir.

« D’une part, ce sont celles qui vont être stigmatisées en premier par les propriétaires », rappelle Guillaume Bégin, directeur général du Travail de rue d’Alma.

« Ce qu’on observe, c’est que depuis deux mois déjà, il y a des demandes d’aide de personnes qui disent “je dois quitter mon logement pour le 1er juillet, mais je ne sais pas où aller”. Ça, c’est relativement nouveau. »

D’autre part, poursuit l’intervenant, « comme il y a une pénurie [de logements], les prix montent. Même les taudis se ramassent à des prix de fou. Donc bien sûr, les personnes qui sont sur l’aide sociale commencent à avoir des problèmes à payer leur loyer. Et dans ce temps-là, c’est sur la nourriture qu’elles vont couper en premier », comme en témoigne l’augmentation des demandes faites auprès des organismes d’aide alimentaire tels que la Moisson d’Alma et La Marmite fumante.

Autre indicateur du manque de logements, les habitations à loyer modique (HLM) sont « pas mal toutes louées » à Alma, ce qui est plutôt inhabituel, soutient une agente de bureau de l’Office municipal d'habitation (OMH) d’Alma.

L’OMH, en partenariat avec le Travail de rue, s’apprête à mettre en place une cellule de crise afin de trouver des habitations temporaires aux personnes qui pourraient se retrouver à la rue d’ici quelques semaines.

L’itinérance pas juste dans les grandes villes

Par ailleurs, les cas de personnes sans domicile fixe sont devenus beaucoup plus apparents en contexte pandémique.

« À Alma, l’itinérance avait déjà commencé à connaître une forte augmentation avant la pandémie. Mais avec la pandémie, on a vraiment vu un phénomène nouveau, ne serait-ce que parce qu’il n’y avait plus de circulation. Je pense que c’est probablement dû à la détérioration des facteurs de protection, comme le fait de ne plus pouvoir visiter des amis ou de la famille », explique-t-il.

Bien que « les personnes qui dorment le hall d’une caisse populaire » sont maintenant une réalité à Alma, c’est de façon plus « cachée » que l’itinérance y est « fortement vécue ».

Il s’agit entre autres de personnes qui, faute d’avoir un chez-soi, dormiront « d’un sofa à l’autre. »

Pour sa part, Manon Girard, directrice du Café Communautaire L’Accès, affirme que « la panique était déjà installée depuis longtemps. […] Ça fait déjà un moment qu’il y a des personnes qui se sont mises à dormir sur notre balcon ».

De plus, en raison de l’insalubrité et de la violence qui peut sévir dans certaines habitations, « on a vu des gens préférer dormir dehors par – 40° alors qu’ils avaient un lit quelque part. » Un phénomène qui s’est accentué du fait de la rareté des logements.

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