L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan atteint les 400 000 ampères

L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan atteint les 400 000 ampères

PRODUCTION. Hier midi, le 18 mars, l’Usine Alma DE Rio Tinto Alcan a atteinte un jalon important dans le développement de la technologie AP30, soit le passage des 432 cuves de l’usine à 400 000 ampères, ce qui représente une première dans l’industrie mondiale de l’aluminium. L’usine est ainsi décidément tournée vers l’atteinte du grand objectif de produire annuellement plus de 500 000 tonnes dans cette usine qualifiée de F1 de l’aluminium.

Guy Gaudreault, directeur de l’Usine Alma, s’est notamment adressé aux employés réunis dans la cafétéria et où, en direct de la sous-station électrique qui alimente l’usine, l’ampérage est passé de 399 999 ampères à 400 000 ampères.

« L’Usine Alma atteint un jalon important de son histoire en faisant passer sa technologie AP30 à 400 000 ampères. En effet, les 432 cuves de l’Usine Alma opèrent maintenant à 400 000 ampères, ce qui lui permet de devenir l’installation de technologie AP30 opérant avec le plus haut ampérage dans toute l’industrie de l’aluminium – une première mondiale », a lancé avec fierté Guy Gaudreault.

Dans un Bulletin de la direction remis aux employés, on explique notamment que « cette importante étape a été rendue possible par l’implication, l’engagement et les efforts soutenus de tous les employés dans la stabilité des opérations et l’excellence opérationnelle. C’est aussi grâce à l’expertise des équipes du Centre de recherche et développement Arvida et du Laboratoire de recherche des fabrications en France que l’Usine Alma a pu repousser les limites de cette technologie et continuer d’être un chef de file dans l’industrie de l’aluminium mondiale. »

L’atteinte des 400 000 ampères représente donc un important jalon dans le cadre du Programme d’augmentation d’ampérage, qui s’appuie sur un investissement de 14,8 millions de dollars annoncé en septembre 2014.

Lors de cette annonce, à une question du Journal Le Lac-St-Jean, le directeur Guy Gaudreault avait signifié que « cet investissement devrait permettre, d’ici juin 2015, d’augmenter de 12 000 tonnes la capacité annuelle de production de l’usine. »

Depuis 2009, l’usine Alma participe au développement de la technologie AP. L’usine est en effet devenue une usine pilote du programme d’amélioration continue LEAN/IPT en Amérique du Nord pour optimiser la production.

Rappelons qu’au départ, en 2001, lors de la mise en fonction de l’usine Alma, on parlait de la technologie AP-30, pour 300 000 ampères et une capacité de production de 375 000 tonnes. Cependant, dès sa première année, l’usine avait atteint 407 000 tonnes. En 2010, l’Usine Alma a réalisé une production totale de 434 000 tonnes, portée à 438 000 en 2011.

L’année 2012 caractérisée par le long conflit de travail a naturellement ralenti la production. Cependant, en 2013, autre année de référence, les 432 cuves de l’Usine Alma ont produit 440 305 tonnes, soit un record à vie pour les 12 ans que comptent ces installations.

Le projet d’augmentation de l’ampérage devrait accroître la production de quelque 12 000 tonnes annuellement, portant ainsi la production de l’usine au-dessus de 450 000 tonnes.

Prochaine étape

Cependant, dans le nouveau langage de l’aluminium, les usines de classe mondiale produisent au-delà de 500 000 tonnes annuellement, ce qui est l’objectif ultime de l’Usine Alma.

Selon les informations obtenues par Le Journal Le Lac-St-Jean, à la suite de discussions avec plusieurs travailleurs qui gravitent autour des projets de développement à l’intérieur de l’usine, pour l’atteinte de cet objectif de 500 000 tonnes, Rio Tinto Alcan a toujours dans ses cartons le projet Alma II qui consisterait à injecter quelque 1 milliard $ pour l’ajout d’une nouvelle demie salle de cuves.

Ou encore, et c’est sans doute l’option qui sera retenue, l’Usine Alma, de par ses performances à tous les chapitres (production, qualité du métal, expertise de ses employés et le respect de l’environnement) pourrait être choisie comme site expérimental pour le développement d’un nouveau projet qui consiste en deux étapes. D’abord, modifier les collecteurs électriques des cuves (barres cathodiques) pour en améliorer la circulation du courant et ainsi éviter les pertes par dispersion des champs magnétiques.

L’autre étape, plus fondamentale, consiste à allonger les actuels caissons de cuves au fur et à mesure que l’on remplace ces cuves à la fin de leur vie utile, soit au bout d’environ cinq ans.

Cet espace additionnel en conjonction avec l’augmentation de la charge à 400 000 ampères permettrait d’ajouter quelques tonnes additionnelles de production sur chacune des 432 cuves de l’usine, et ce, au fur et à mesure du remplacement des caissons.

À un coût nettement inférieur au projet Alma II, Rio Tinto Alcan pourrait ainsi classer son Usine Alma dans la liste restreinte des usines de réputation mondiales produisant plus de 500 000 tonnes/annuellement, au plus faible coût.

L’usine Alma est dans la course pour obtenir ce nouveau projet de développement et la décision pourrait être prise au cours des prochains mois.

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