Marché du travail: les gens y retournent par obligation ou par plaisir

Marché du travail: les gens y retournent par obligation ou par plaisir
Sylvie Beaumont

RETRAITE. La population du Québec est vieillissante et la région n’y échappe pas. La FADOQ région Saguenay—Lac-Saint-Jean—Ungava est préoccupée depuis plusieurs années par le phénomène des 50 ans et plus qui retournent sur le marché du travail. Une partie de ces gens le font par nécessité financière alors que l’autre partie, ce sont des gens qui veulent demeurer actifs.

« Depuis trois ans, on a pris 42 % de nouveau membres et plus de 50 %, ce sont des gens entre 50 et 64 ans. On risque d’atteindre d’ici Noël ou Janvier les 25 000 membres, ce qui n’a jamais été atteint dans la région », souligne Patrice St-Pierre, directeur général.

En plus d’organiser différentes activités, défendre les droits des retraités et redorer l’image de cette classe de la société, la FADOQ est très préoccupée par toute la question  l’emploi.

« Les Québécois, on devrait se voir plus comme le bon vin: le bon vin, c’est celui qui a vieillit, ce n’est pas celui qui est sur la tablette depuis un an », commente le directeur général pour illustrer la qualité de ces personnes de 50 ans et plus.

Nécessité et plaisir

Malheureusement, ce ne sont pas toutes les personnes qui arrivent à la retraite avec de bonnes conditions financières pour assurer leur bien-être.

« Sur l’aspect financier, non. Dans la région, quand on regarde la moyenne économique, tu as 40 % des gens qui touchent au supplément de revenus garanti pour vivre. C’est une forme d’assistance sociale fédérale qui te permet de vivre au seuil de la pauvreté. Quand tu as 40 % des gens de 65 ans et plus dans la région qui l’utilisent, ça démontre que les gens ne sont pas tous fortunés alors que l’on vivait dans une région avec de la grande industrie », analyse Patrice St-Pierre.

Il cite en exemple certains retraités d’Alcan dont le fonds de pension n’était pas indexé au coût de la vie, ce qui fait que ces gens-là se retrouvent avec des manques et plusieurs doivent retourner sur le marché du travail.

À ce sujet, la FADOQ a mené des rencontres ciblées auprès de ses membres pour connaître les raisons qui poussent un ou une retraitée à retourner sur le marché du travail dépassé 50 ans.

« Il y a deux raisons après 50 ans ou à la retraite. La première c’est le besoin financier parce que les gens n’ont pas prévu le coût et les revenus ne sont pas assez élevés pour continuer de vivre de façon intéressante ou encore pas de fonds de pension ou de protection. Et il y a l’autre côté de la médaille, soit ceux qui ont tout ça, mais qui veulent rester actifs dans la communauté. C’est notamment beaucoup le cas pour les 50-60 ans qui ont été beaucoup impliqués dans leur travail », ajoute Sylvie Beaumont, agente de développement, spécialisée en employabilité chez les 50 ans et plus.

Après quelques mois ou un an à la retraite, ces personnes finissent par s’ennuyer, se trouvent isolées et constatent un manque d’action dans leur vie et décident donc de revenir sur le marqué du travail.

« Très souvent, ces personnes acceptent des conditions qui ne sont pas nécessairement pour les faires vivre, mais plutôt pour leur amener des défis et sentir qu’ils participent à l’entreprise, à la communauté et qu’ils sont vivants finalement », d’ajouter Sylvie Beaumont.

Patrice St-Pierre ajoute à ce sujet que ce qui conditionne l’humain, c’est le rôle social que l’on joue dans une collectivité. On est en croissance et en processus d’acquisition toute sa vie (premier diplôme, première auto, premier travail, première maison, premier enfant etc), puis arrive 50 ans avec le phénomène des pertes et de la décroissance.

« Quand je donne des sessions de préparation à la retraite, je dis aux gens que le plus grand défi qu’ils vont avoir c’est de vivre un trip qui va durer entre trois semaines et trois ans. Après ça, vous allez tous vous poser la même question: quel est mon rôle maintenant dans la société. Plusieurs recherchent la reconnaissance par le bénévolat ou un retour sur le marqué du travail, ce qui permet de redéfinir le rôle social », explique Patrice St-Pierre.

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