Marge de profits à 6 cents seulement: Régis Laforge poursuit son combat

Marge de profits à 6 cents seulement: Régis Laforge poursuit son combat

ESSENCE. Quelque huit mois après avoir fait les nouvelles nationales pour son geste de vendre l’essence seulement 6 cents au-dessus du prix de son acquisition à la rampe de chargement, Régis Laforge, propriétaire de la station-service Sonerco, à l’Ascension, considère que les choses n’ont guère changé. Il n’a pas subi aucune pression pour cesser son geste, les pétrolières continuent à jouer avec le prix de l’essence et lui, en huit mois, il a haussé de plus du tiers sa clientèle régulière.

« Avant hier, je vendais l’essence régulière à 1,01 $, elle est à 1,07 $ présentement et mon réservoir est vide. J’ai un chargement qui s’en vient et je vais devoir la vendre à 1,12 $. Les prix varient tellement, c’est fou ! », lance d’un trait Régis Laforge en haussant les épaules pour signifier son incompréhension.

Lors du passage de TC MEDIA, vers 13 h 30 ce mardi, les voitures se suivaient à un rythme fou aux pompes et le réservoir principal d’essence ordinaire était presque déjà vide.

« Là, je suis vide, il me reste à peu près 2000 litres à vendre. J’ai commandé un camion qui va entrer ce soir et selon le prix à la rampe de chargement, pour conserver ma marge de 6 cents le litre, je vais devoir afficher un prix de 1,12 $ du litre. Le prix est encore changé et il est parti en peur. Il a monté d’un coup sec de cinq cents hier », précise Régis Laforge en consultant ses relevés des derniers jours.

Ce dernier n’a subi aucune pression de la part des autres détaillants pour modifier sa façon de faire, soit limiter à 6 cents sa marge de profit sur chaque litre vendu.

« Ils me laissent faire… je ne sais pas ce qui se passe avec eux-autres. Je sais juste, en regardant aller les choses, qu’eux-autres, ils veulent faire au minimum 15 cents du litre de profits », souligne-t-il.

Changements

Questionné à savoir si le mouvement qu’il a amorcé a changé quelque chose:

« Ça l’a changé certain, le monde vient ici. J’ai changé mes réservoirs de 50 000 à 70 000 litres et je continue à manquer de gaz. Les huit mois qui viennent de passer, ma clientèle a augmenté, peut-être pas doublé, mais certainement plus du tiers de plus. Je suis rendu à deux camions d’essence à chaque semaine. Si je ne serais pas là, probablement que le gaz serait plus cher que cela », avoue Régis Laforge.

Chose certaine, le mouvement amorcé est très populaire. La page Facebook de son commerce compte plus de 3000 abonnés qui suivent assidûment la fluctuation des prix de l’essence.

« Il y a des gens qui viennent de partout faire le plein ici et ils me le disent avec fierté. Il y a même un gars de Montréal qui tenait à se faire prendre en photo avec moi pour montrer cela à ses amis », raconte le propriétaire.

À travers tout cela, Régis Laforge est loin de se prendre pour une vedette.

« Je ne me prends ni pour une vedette ni pour personne, je fais juste mon affaire tout en en faisant profiter la clientèle », avoue en terminant Régis Laforge.

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