Mesures de protection du caribou forestier: Le préfet Louis Ouellet très inquiet

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Mesures de protection du caribou forestier: Le préfet Louis Ouellet très inquiet
Les élus et les industriels de la région réclament que des études plus approfondies soit réalisées quant aux impacts de l’industrie forestière sur les populations de caribou forestier et leur habitat. (Photo : Trium Médias - Archives)

Les différentes contraintes exercées sur l’exploitation forestière, dont les mesures de protection du caribou forestier, pourraient mettre en péril des communautés entières, craignent plusieurs acteurs socioéconomiques et politiques.

« Avec les baisses d’approvisionnement forestier qui sont proposées, si on ajoute les aires protégées, la protection du caribou et tout, ce ne sera plus possible d’assurer la rentabilité d’aucune entreprise forestière », dénonce le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, Louis Ouellet.

De son côté, le président d’Alliance forêt boréale, Yanick Baillargeon, clame que « c’est l’avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui se joue! Si on ne fait rien, on va assister au déclin économique de notre région. »

Selon des données préliminaires, le Plan de rétablissement du caribou forestier se traduirait par une réduction de 750 000 mètres cubes par année, soit 10% du volume d’approvisionnement forestier total du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Une projection qui s’appuie sur les évaluations du Forestier en chef du Québec publiées dans divers documents officiels.

Les aires protégées, comme celle de Manouane-Manicouagan, entraîneraient quant à elles une perte additionnelle de 105 000 mètres cubes du volume d’approvisionnement. De plus, des analyses démontrent que certaines zones de récolte se retrouveront enclavées, ce qui pourrait occasionner des baisses supplémentaires.

L’adoption du Plan de rétablissement du caribou forestier est prévue pour juin prochain.

Emplois

Les industriels estiment que la diminution prévue des possibilités forestières mènerait à la perte de 1200 emplois directs et indirects au bas mot.

À ce titre, Louis Ouellet rappelle que l’industrie forestière possède plusieurs ramifications. Les impacts se feraient donc sentir au-delà des scieries et des papeteries.

« Les produits de l’un vont à l’autre pour qu’ils fassent d’autres produits. Si un maillon de la chaîne débarque, plus rien n’avance. »

Il ajoute que des baisses de volume additionnelles auraient de graves conséquences en termes de rentabilité.

« Avec une diminution de plus, il y a des scieries qui disparaissent, des papetières qui disparaissent, des villages qui disparaissent. »

Rappelons que la possibilité forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean a considérablement décru depuis le début des années 2000, passant de 9 466 500 à 7 216 700 m3 /an au cours de la période 2018-2023 seulement.

Yanick Baillargeon indique que 20 000 emplois sont liés à l’industrie forestière, ce qui représente une masse salariale de 900 M$ au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Louis Ouellet renchérit, affirmant que les activités forestières de la région correspondent à 40% de son économie et à 13% du PIB de la province.

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