Métabetchouan prend position pour le bien du Grand Marais

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Métabetchouan prend position pour le bien du Grand Marais
L’obstruction de la Belle-Rivière risquerait d’accentuer l’eutrophisation du Grand Marais à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. (Photo : courtoisie)

La Ville de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix a pris position quant aux travaux visant à prévenir l’érosion des berges du secteur de Belle-Rivière/Saint-Gédéon-sur-le-Lac.

Rappelons que Rio Tinto annonçait récemment que le secteur allait faire l’objet de travaux de stabilisation des berges. Outre de freiner l’érosion, les interventions auront pour objectif de prévenir l’ensablement de la Belle-Rivière à son embouchure et d’ainsi en éviter l’obstruction.

Sans toutefois préconiser un scénario en particulier, la Ville de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix a demandé à Rio Tinto de « privilégier une solution qui assurera la protection de l’écosystème du Grand Marais ».

Plus précisément, la municipalité souhaite que les eaux de la rivière puissent circuler librement afin d’empêcher l’eutrophisation du Grand Marais, dont elle est l’un des principaux affluents, soutient le maire de Métabetchouan, André Fortin.

Ce dernier rappelle que les algues se font de plus en plus abondantes depuis quelques années dans le plan d’eau, considéré comme l’un « des poumons » du lac Saint-Jean. Or, une eau stagnante, surtout lorsqu’elle se maintient à un faible niveau et que sa température augmente, constitue un environnement propice à la prolifération des algues.

« S’il y a une canicule et que l’eau ne monte pas pendant un mois de temps, je ne sais pas ce qu’il va se passer dans le Grand Marais. L’eau va se réchauffer? », soulève le maire.

En somme, conclut-il, il faut à tout prix que Grand Marais et son écosystème soient préservés, quelles que soient les interventions auxquelles procédera Rio Tinto.

« Il faut que l’eau circule. Mais la solution, ce n’est à moi à la donner, je ne suis pas un spécialiste des eaux. C’est à eux [Rio Tinto] de trouver la solution pour que la rivière ne bloque pas. »

Des travaux controversés

André Fortin affirme avoir fait « bien attention » de ne pas émettre une quelconque recommandation par rapport aux trois différents scénarios d’intervention identifiés par la multinationale à l’automne dernier.

C’est qu’il s’agit d’un dossier sensible. En novembre, les propriétaires riverains du secteur Belle-Rivière/Saint-Gédéon-sur-le-Lac se sont farouchement opposés à la construction d’un épi de 140 mètres au centre de leur plage, soit l’un des éléments contenus dans le scénario préconisé par Rio Tinto à l’heure actuelle.

Les résidents ont notamment fait valoir que des alternatives aussi efficaces et moins invasives s’offraient à multinationale.

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