« Pas question d'accepter de changer de nom » — André Paradis, maire de Saint-Henri-de-Taillon

« Pas question d'accepter de changer de nom » — André Paradis, maire de Saint-Henri-de-Taillon

André Paradis, maire de Saint-Henri-de-Taillon et préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, fulmine contre les hauts fonctionnaires de la Société des établissments de plein-air du Québec (Sépaq) qui ont encore dans leur carton le désir de changer le nom de Parc national de Pointe-Taillon en celui de Parc national du Lac-Saint-Jean. « Il n’est pas question de changer de nom », tranche sèchement André Paradis qui entend se battre bec et ongles pour faire triompher son idée.

D’ailleurs, le conseil municipal de Saint-Henri-de-Taillon vient d’adopter à l’unanimité une nouvelle résolution en ce sens et qui stipule: «Le conseil municipal de Saint-Henri-de-Taillon s’objecte formellement au changement de nom du Parc national de la Pointe-Taillon pour le Parc national du Lac-Saint-Jean. »

Copie de cette résolution a été adressée au député ministre Alexandre Cloutier de même qu’à Yves-François Blanchet, ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, ainsi qu’à la MRC Lac-St-Jean-Est.

Une idée à oublier

C’est dans le cadre d’une récente rencontre avec le Comité d’harmonisation du Parc national de la Pointe-Taillon que le conseil municipal de Saint-Henri-de-Taillon a été informé de ce désir de la Sépaq de changer l’appellation actuelle par celle de Parc national du Lac-Saint-Jean.

André Paradis a été estomaqué en apprenant que cette intention faisait toujours partie des désirs de la Sépaq.

Rappelons que le 22 novembre 2007, la ministre de l’époque au Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, annonçait la tenue d’audiences publiques pour le parc national de la Pointe-Taillon. La ministre confirmait ainsi l’intention du gouvernement de modifier les limites du parc en y ajoutant l’équivalent de près de 3 kilomètres carrés de territoire, afin d’y inclure une bonne partie des îles publiques émergeant le long du littoral, à l’intérieur des limites des municipalités de Saint-Gédéon et d’Alma. Il est aussi question d’y adjoindre quelques lots sis en bordure du lac Saint-Jean, et ce, dans les mêmes communautés.

Les personnes et les organismes intéressés à exprimer leur intérêt ou à faire connaître leur opinion sur ce projet d’agrandissement devaient manifester leur intention de participer et faire parvenir un mémoire expliquant leur point de vue.

« C’est dans le mémoire de Tourisme-Alma Lac-Saint-Jean que l’idée de changer le nom du parc a germé. On s’y est d’ailleurs farouchement opposé à l’époque par résolution de la part de la municipalité de Saint-Henri-de-Taillon et de la MRC Lac-St-Jean-Est. À cette table, le vote fut également unanime contre le changement de nom, incluant le vote des représentants de Ville d’Alma », rappelle André Paradis.

Ce projet d’agrandissement du Parc national de la Pointe-Taillon, est donc dans les cartons du gouvernement du Québec depuis toutes ces années. Il pourrait éventuellement se concrétiser dans les prochains mois.

« L’identification du Parc national de la Pointe-Taillon, c’est essentiel. C’est la seule dénomination provinciale ou nationale où on retrouve le nom de notre municipalité. Je le répète, il n’est pas question de changer le nom du parc » réitère avec force André Paradis.

Le maire évoque également tout l’aspect économique négatif d’un éventuel changement.

«Il y a plusieurs services ou commerces qui s’identifient au Parc de la Pointe-Taillon, dans leurs publicités respectives. Un changement de nom implique également des dépenses inutiles, notamment pour refaire la papeterie, les vestons, la publicité, etc. Présentement, tout le monde coupe et fait attention à toutes les dépenses. Les sommes d’argent disponibles pourraient être utilisées autrement », clame André Paradis.

Également, ce dernier rappelle que présentement, partout où il y a des parcs nationaux, l’identification est toujours associée avec une dénomination pour identifier des secteurs précis.

« Présentement, sur les affiches, on retrouve Parc national de la Pointe-Taillon, secteur Ste-Monique ou secteur Taillon. Quand le secteur Alma et St-Gédéon seront annexé au parc, on aura simplement à les désigner de la même façon », de conclure André Paradis.

En plus de la résolution de sa municipalité qu’il a déjà en main, André Paradis entend aller chercher une autre résolution unanime du côté de la MRC Lac-St-Jean-Est, ce qui lui donnera alors les arguments nécessaire pour poursuivre la bataille contre les intentions de la Sépaq.

Un peu d’histoire

Changer le nom du parc national de la Pointe-Taillon aurait une conséquence directe sur tout un pan de notre histoire régionale.

Dans le cas de la municipalité de Saint-Henri-de-Taillon, la particule « Saint-Henri » a été choisie en l’honneur de l’abbé Henri-Hubert-Marie Cimon La Malbaie, curé de la paroisse de Saint-Joseph d’Alma, de 1882 à 1891 et qui desservait en 1888 et 1889 la paroisse naissante.

La particule « Taillon » fait référence quant à elle au canton de Taillon, nommé en l’honneur de l’ancien premier ministre provincial Louis-Olivier Taillon.

Au début de la colonisation, cette bande de terre qui s’avance dans le lac Saint-Jean était nommée pointe Savane.

Rebaptisée, la pointe Taillon porte donc le nom de Louis-Olivier Taillon. Ce dernier fut d’abord premier ministre du Québec pendant 4 jours en 1886 et une seconde fois, entre 1892 et 1896.

Entre 1890 et 1930, la pointe Taillon fut notamment ouverte à l’exploitation agricole. La municipalité de Sainte-Jeanne-d’Arc y fut d’ailleurs constituée en 1916. À l’apogée, en 1925, la pointe comptait quelque 307 habitants. L’île Bouliane, propriété du français Paul-Augustin Normand, fut également une ferme très prospère avec plus de 125 employés. Les vestiges de cette ferme sont encore visibles sur l’île.

Malheureusement, en 1926, lors de la fermeture des vannes de la centrale d’Isle-Maligne, ce geste provoqua l’inondation des meilleures terres agricoles de la péninsule et le rachat des terres par la compagnie Alcan.

Cette dernière amorça un intensif programme de reboisement, en 1948 et 1956.

Simultanément, de 1952 à 1971, le gouvernement fédéral accorde une protection au territoire en décrétant la pointe Taillon refuge d’oiseaux dans le cadre de la Convention concernant les oiseaux migrateurs.

En 1977, le gouvernement du Québec fit l’acquisition de ces terres et le Parc national de la Pointe-Taillon fut officiellement créé le 6 novembre 1985.

Ce parc représente une superficie de 92 km2 et sa fréquentation annuelle est de quelque 65 000 jours/visites.

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