Pourquoi ne pas être sur les médias sociaux en 2016?

Par Laurie Fortin
Pourquoi ne pas être sur les médias sociaux en 2016?
Pierre-Yves Villeneuve n’a jamais été attiré par Facebook.

Alors que la très large majorité des adultes, surtout ceux entre 18 et 44 ans, utilisent les médias sociaux, certains nagent toujours à contrecourant, mais pour quelles raisons?

Kathryn Rivard dit ne pas être une personne attirée par la technologie, à la base.

« J’ai un iPhone, mais il ne contient pas beaucoup d’applications. Je m’en sers, mais ça ne me passionne pas tant que ça. Je n’ai jamais vraiment été attirée par ça », raconte-t-elle.

La jeune femme précise ne rien avoir contre le principe et trouve que pour ceux qui s’en servent bien, il peut y avoir un intérêt. « Pour ceux qui possèdent des entreprises entre autres ça peut être intéressant. Ça peut toutefois prendre beaucoup de temps à alimenter », croit-elle.

Là où l’utilisation qu’on en fait la rejoint moins, est lorsqu’il est question de publier beaucoup d’informations très personnelles et les dévoiler à des gens qu’on ne connait pas vraiment.

Et si elle apprend les choses plus tard, en raison du fait qu’elle ne s’y trouve pas? « Peut-être que je manque des choses, mais comme je ne suis pas dessus, je ne le sais pas! », lance-t-elle avec humour, ajoutant ne pas croire manquer d’information.

Kathryn Rivard a toutefois décidé récemment de se créer un compte Linkedin. Comme cet outil a pour but de favoriser le réseautage professionnel, elle y adhère davantage. N’en demeure pas moins un effort pour la notaire de l’alimenter.

Propriétaire du Café du Clocher, Pierre-Yves Villeneuve se voit de la vieille école.

« Ça ne m’attire pas plus que ça. C’est surtout pour la sollicitation que je crains d’avoir un compte. Je me fais déjà solliciter beaucoup au restaurant où quand je fais mon épicerie par exemple, alors je tiens à garder ma vie privée », explique celui qui ne possède un téléphone cellulaire que depuis peu de temps, d’ailleurs.

« Disons que le cellulaire, c’était déjà un gros ajout dans ma vie. Ça réduit déjà mes périodes de temps personnel les soirs et les fins de semaine », lance-t-il.

Il ne croit pas passer à côté de nouvelles importantes parce qu’il ne possède pas de compte et n’est toutefois pas « déconnecté » pour autant.

« Je navigue en masse pour mes recherches ou pour mon entreprise, mais je n’ai pas de temps à investir sur les réseaux sociaux », indique-t-il.

Si quelqu’un veut communiquer avec lui, il se fait un plaisir de donner son courriel qu’il va consulter régulièrement.

Se voir sur le web?

Une jeune femme qui a souhaité garder l’anonymat a raconté à TC Media que l’une de ses hantises était de voir son visage sur Internet.

« Je ne voudrais pas que ma vie soit étalée au grand jour », a-t-elle confié. Cette mère de famille trouve toutefois regrettable de ne pas pouvoir participer à certains groupes créés par des comités de parents, mais réussit à faire autrement. Elle trouve aussi que c’est dommage que certaines organisations ne misent que sur les médias sociaux pour leur promotion.

« Lorsque leur page est accessible à tous, au moins je peux y aller. Ce n’est pas toujours le cas», dénote-t-elle.

Son choix de ne pas être sur Facebook, elle doit constamment le justifier auprès de ses proches.

« Mais je ne change pas d’idée, j’ai mon courriel personnel et ma tablette avec laquelle je peux "texter" mes proches. 

Statistiques

Selon une enquête réalisée par CEFRIO en 2015, près de trois adultes québécois sur quatre (72,8 %) sont utilisateurs des médias sociaux.

L’utilisation des médias sociaux est plus répandue chez les jeunes adultes (90,9 % chez ceux de 18 à 44 ans), de même que chez ceux qui disposent d’un diplôme collégial (84,1 %) ou universitaire (81 %) et ceux qui ont au moins un enfant au foyer (90,5 %).

Toujours chez les adultes, Facebook (62,4 %) et YouTube (57,4 %) sont encore cette année les deux réseaux sociaux les plus populaires.

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