Prostitution : Un milieu caché, mais bien présent à Alma

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Par Janick Émond
Prostitution : Un milieu caché, mais bien présent à Alma
(Photo : Courtoisie)

Même si elle n’est pas visible, la prostitution est bien présente à Alma, et sous plusieurs formes, selon ce qu’avance le directeur général du comité de travail de rue d’Alma, Guillaume Bégin.

« On ne voit pas nécessairement de gars ou de filles qui vont faire le trottoir, comme on pourrait le voir dans les grands centres. Par contre, même si elle n’est pas aussi visible, il y a bel et bien de l’offre et de la demande », mentionne-t-il.

Dans les types de services qu’on peut retrouver, parmi tous ceux qui peuvent être offerts, mentionnons entre autres des salons de massage avec extra ou encore des services d’escortes à domicile.

Internet

Guillaume Bégin explique que la situation géographique d’Alma, une ville d’importance qui se retrouve pratiquement au centre de la région, fait en sorte que beaucoup de numéros de travail du sexe passent et s’y affichent.

D’ailleurs, les façons de publiciser ces types de services à bien changé. C’est maintenant davantage caché aux yeux de tous.

« Avant, on retrouvait ça dans les petites annonces dans les journaux. Maintenant, ça passe par internet. »

Ainsi, pour monsieur et madame Tout-le-Monde qui ne sont pas sensibles à ce milieu, ça peut donner l’impression qu’on ne peut retrouver de services sexuels dans la municipalité jeannoise. Il suffit cependant de faire quelques recherches internet pour en trouver.

D’autre part, l’internet ouvre la porte aux différents réseaux de prostitution et au recrutement.

« Je suis frileux de dire qu’il y a un réseau organisé installé à Alma, mais c’est possible qu’il y ait quelque chose. Par contre, s’il y a bel et bien un réseau, on ne pourrait dire s’il est géré directement à Alma. Avec les réseaux sociaux, ça pourrait très bien être un groupe de Montréal ou Québec qui s’occupe du recrutement et de la gestion », ajoute-t-il.

Éduquer

Un travail de prévention et d’éducation est donc offert par le comité de travail de rue afin de sensibiliser la population.

Le directeur général du comité de travail de rue avance qu’une certaine banalisation des services de prostitution peut être faite par les jeunes, qui peuvent parfois voir cela comme un échange de bons procédés.

« On peut voir des jeunes qui se disent, il m’héberge, il me donne quelque chose à consommer et je lui fais une fellation. Il y a une banalisation qui est faite, donc c’est important d’être là, raconte-t-il. Le gars n’approchera pas une fille en lui disant de se prostituer, il va tourner ça différemment pour que ça n’ait pas l’air de ça. Il faut donc sensibiliser les gens face à ces situations et éviter la banalisation. »

Légalisation du cannabis : Une intensification de la sensibilisation

Le directeur général du comité de travail de rue d’Alma et ancien travailleur de rue, Guillaume Bégin.

La légalisation du cannabis le 17 octobre dernier a causé une grande vague d’inquiétude dans la population, autant les mois précédents que les mois suivants la légalisation. Pour l’organisme de travail de rue d’Alma, il est toutefois difficile d’établir si le nombre de consommateurs a augmenté au non.

Une chose est cependant certaine, l’approche des gens face à ce dossier a bien changé.

Les établissements, comme les maisons des jeunes par exemple, faisaient beaucoup plus de demandes auprès du comité de travail de rue afin que des travailleurs aillent en parler. Les jeunes en parlaient plus et plusieurs questions étaient soulevées.

« Depuis plus d’un an, on a modifié et intensifié notre façon d’agir. On fait beaucoup plus de sensibilisation », commente le directeur général du comité de travail de rue d’Alma, Guillaume Bégin.

Il fait mention qu’une certaine banalisation commençait à se faire sentir et que la prévention sur les dangers reliés à la consommation de cannabis a été accentuée.

« Mais concrètement, je ne m’appuie pas sur des études ou quoi que ce soit, je ne crois pas qu’il y ait eu une augmentation du nombre de consommateurs ou de dépendants. Du moins, on ne le ressent pas ici », ajoute-t-il.

Plan d’attaque

Guillaume Bégin croit cependant que la façon de s’attaquer au dossier du cannabis dans la société et dans les différents organismes doit être revue.

En discussion avec le Journal Lac-St-Jean, il compare la consommation de cannabis à la consommation d’alcool.

Pour appuyer ses dires, il explique que, comme avec l’alcool, plusieurs personnes fument de façon récréative, à l’occasion. Cependant, dans les deux cas, on retrouve une certaine quantité de personnes qui en deviennent dépendantes.

« Il faut donc plutôt plus s’attaquer, selon moi, à ceux qui ont une dépendance à ce produit, plutôt qu’à la substance elle-même, qui est plutôt neutre », dit-il.

Un travail difficile : « On ne sauve pas le monde, on les aide à améliorer leur mieux-être »

L’équipe du comité de travail de rue d’Alma, Marie Thériault, Julie Boily, Edgard Kambiré ainsi que Anabelle Gauthier.

« On part du vouloir de la personne, de ses besoins et nous, avec professionnalisme et avec nos techniques, on cherche à améliorer le mieux-être de la personne ». C’est ainsi que Guillaume Bégin explique l’objectif du travail de rue.

Il n’est donc pas question de forcer, par exemple, une personne à aller vers des cures de désintoxication. Il s’agit plutôt de s’assurer que la personne puisse assouvir ses besoins à moindres risques.

Ainsi, l’organisme peut distribuer le matériel nécessaire, donner des conseils et demeurer en contact avec les personnes pour s’assurer qu’elles consomment plus sécuritairement.

« Par contre, si la personne nous dit vouloir aller en réadaptation ou se soigner de sa dépendance, nous allons tout déployer pour l’aider et pour qu’elle puisse se reprendre en main du mieux possible », ajoute-t-il.

Force

Ce qui fait la force du travail de rue, selon Guillaume Bégin, c’est sa présence sur le terrain. Comme l’organisme vise les personnes de 12 à 35 ans, les travailleurs se retrouvent aux endroits où cette clientèle est.

« Un travailleur peut juste être assis à un bar, comme elle peut être dans un parc ou une cour d’école. Pour tous les autres types d’intervention, comme en psychologie par exemple, tu dois prendre rendez-vous et aller au bureau de la personne. Donc, d’être sur le terrain, c’est vraiment notre force », indique-t-il.

De l’aide pour les travailleurs

Les travailleurs de rue sont confrontés à toutes sortes de situations et elles ne sont pas toutes joyeuses.

Par conséquent, le groupe se rassemble de façon régulière afin de discuter et laisser aller ce qui peut devenir difficile émotionnellement pour eux.

« Je suggère aussi aux travailleurs de rue de parler de façon périodique, de ne pas attendre qu’ils soient dans une situation problématique. C’est une grosse question de santé mentale », dit le directeur général.

Également, un service de supervision clinique est offert, avec des personnes de l’extérieur.

« Ils ont un très grand pas de recul et c’est parfois ce que ça prend pour venir à bout de certaines choses », confie-t-il.

 

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