Que la lumière soit… et les orignaux seront mieux vus !

Que la lumière soit… et les orignaux seront mieux vus !

Les orignaux du cheptel de la Pointe-Taillon n’ont qu’à bien se tenir. S’ils approchent trop près de la route #169, ils seront désormais beaucoup plus visibles aux yeux des automobilistes. En effet, le ministère des Transports du Québec réalise présentement un important projet pilote, soit la mise en place de plus de 50 lumières de rue, entre le rang #3 et le rang #5, sur la route #169, de Saint-Henri-de-Taillon, en direction de Ste-Monique.

« Enfin… ! C’est une très bonne nouvelle qui va permettre de rassurer tous les automobilistes dans ce secteur », s’est exclamé André Paradis, maire de Saint-Henri-de-Taillon, au moment où on lui a fait part de la réalisation du projet.

Le ministère des Transports a donc confié à la firme Électro Saguenay, du secteur St-Cœur-de-Marie, le soin de mettre en place la série de poteaux nécessaires à la mise en place des lumières.

De ce qu’en sait André Paradis, le MTQ réalise un projet pilote en ce sens où il va mettre à l’essai trois types de luminaires différents pour en analyser la performance en terme de consommation d’énergie, mais surtout, en terme de puissance d’éclairage au niveau de cette portion de la route #169 où la limite de vitesse est de 90 kilomètres/heure. Certains luminaires seront notamment déclenchés par des cellules photoélectriques.

La mise en place des poteaux devrait être complétée cette semaine. Après quoi, on amorcera la mise en place des luminaires pour ensuite les relier au réseau électrique qui se trouve en parallèle avec les nouvelles installations.

« Ce secteur visé est un important couloir de circulation des orignaux de la Pointe-Taillon. Il fallait vraiment trouver une solution pour rendre le secteur plus sécuritaire », avoue avec soulagement André Paradis.

Du côté de la municipalité de Saint-Henri-de-Taillon, on avait en outre demandé au ministère des Transports la possibilité d’analyser la mise en place de clôtures contre la grande faune, comme on en retrouve notamment dans la Réserve faunique des Laurentides.

Cependant, la configuration géographique des terrains, de part et d’autre de la route #169, ne s’y prêtait guère. Également, on risquait aussi de créer un corridor de circulation, à l’intérieur de ces clôtures, ce qui aurait fait en sorte qu’un orignal aurait pu facilement s’y introduire, se retrouvant ainsi dans une position encore plus vulnérable face aux automobilistes.

Rappelons que du côté de Ste-Monique, en direction de Saint-Henri-de-Taillon, l’an dernier, on a ajouté des luminaires dans le secteur de la grande courbe ainsi qu’un nouvel affichage, ce qui a rehaussé de beaucoup la sécurité de cet autre secteur problématique.

De nombreux signalements

À chaque année, le secteur de la route #169 compris entre Saint-Henri-de-Taillon et Ste-Monique fait l’objet de nombreux signalements de la présence d’orignaux et aussi, malheureusement, de violentes collisions automobiles, parfois mortelles, avec la grande faune.

Le cheptel d’orignaux qui vivent dans le secteur de la Pointe-Taillon est évalué à plusieurs dizaines d’individus, en croissance, car ils sont protégés dans la zone du parc national.

Ces orignaux sont notamment attirés par la route #169 au bord de laquelle ils trouvent le précieux sel dont ils ont besoin pour leur alimentation.

L’orignal a en effet besoin dans son alimentation de retrouver un équilibre entre le sodium (sel) et le potassium.

Dans son alimentation hivernale de petites pousses de feuillus principalement, il y a une forte teneur en potassium et une faible teneur en sodium. Il est donc naturellement à la recherche de ce sodium qu’il trouve alors facilement en bordure des routes alors que le sel de déglacage lui fournit l’élément tant recherché et essentiel à sa survie.

Dans le Bas St-Laurent, par exemple, il existe en forêt des salines, soit des petits étangs où le taux de sel est très élevé. Ailleurs, l’orignal retrouve ce sel en broutant les carottes des plantes aquatiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on retrouve souvent l’orignal en bordure d’un étang, plongeant la tête sous l’eau afin d’arracher ces carottes qui lui fournissent le sel nécessaire à son alimentation.

La mince couche de neige au sol qui facilite grandement ses déplacements fait en sorte qu’il est attiré par une autre nourriture et qu’il se retrouve souvent en bordure des routes pour trouver le sodium nécessaire à son alimentation.

Cette présence des orignaux occasionne un risque majeur de collision et représente un danger élevé pour tous les automobilistes qui circulent dans le secteur.

Afin d’attirer l’attention des conducteurs, le Ministère procède régulièrement à l’installation de panneaux lumineux dans les secteurs de Sainte-Monique et St-Henri, en plus des panneaux surdimensionnés toujours en place.

Malgré la mise en place de tous ces éléments, ainsi que le nouvel éclairage, Transports Québec invite les usagers à adopter une conduite préventive dans ce secteur en diminuant leur vitesse de roulement tout en gardant l’œil ouvert sur toute présence suspecte en bordure de route.

Il ne faut pas oublier qu’un orignal se sentant coincé aux abords d’une route a un comportement totalement imprévu, s’immobilisant tout d’un coup ou zigzagant en tentant d’éviter le véhicule qui vient en sa direction.

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