Robert et Éric Lantin construisent leur 6e avion

À titre de père et fils, ils sont unis par le sang. Dans la vie, ils partagent également une autre passion, celle de l’aviation. Robert Lantin accumule 467 heures de vol à son actif et son fils Éric en compte 670 dans son carnet de vol. Ils n’attendent plus que leur certificat de conformité de Transport Canada pour prendre leur envol avec leur dernière création, un avion ultra léger pour lequel ils ont consacré plus de 300 heures de travail pour en compléter l’assemblage et la finition. Cet appareil de marque Cheetah XLS portera les lettres d’appel C-IJTX et il est le seul du genre au Québec. Pour les deux aviateurs, c’est cependant le 6e appareil du genre qu’ils réalisent.

Cette passion leur a fait investir quelque 50 000 $ pour réaliser cet avion ultra sophistiqué pour un appareil de ce type qui arrive en kit à assembler.

Réalisé avec une structure d’aluminium anodisée haut de gamme, toute la voilure est réalisée avec du « mylar », une forme de toile de kevlar très résistante, légère et souple.

« Pour Robert, sa spécialité, c’est la structure de métal et toute la petite finition. Pour moi, c’est toute la motorisation et le filage », souligne Éric Lantin qui s’est engagé dans cette belle folie avec son père lors de l’acquisition du 2e appareil.

Leur plaisir, c’est d’acheter un appareil, de le rénover, de l’améliorer et de le revendre avec un certain profit, ce qui permet d’investir à nouveau dans un autre appareil de meilleure qualité.

Leur 6e réalisation comble toutefois de nombreuses attentes. Fabriqué en Afrique du Sud, quelque 200 de ces appareils volent présentement en Europe.

« La cabine côte à côte de 48 pouces de large donne amplement d’espace pour deux passagers. Également, la manette des gaz est sur l’accoudoir et la visibilité est exceptionnelle », précise Robert Lantin qui en a vue plusieurs autres.

Ce dernier, retraité de l’Usine Isle-Maligne, est devenu un maniaque de l’aviation en volant avec un ami.

Un jour, il a eu l’idée de construire son propre appareil. Il a alors acheté un kit d’un modéliste de St-Nazaire. Ce fut le Faucon 1 qui a pris son envol en 1996.

Une série

Ce premier appareil a été suivi trois ans plus tard par le Faucon II. C’est sur cet appareil qu’Éric a commencé à voler en compagnie de son père et à prendre goût à l’aviation.

En 2007, Éric s’est associé à Robert pour acheter un 3e appareil, un Chalenger usagé qu’ils ont ramassé derrière une grange dans le secteur de Monté-Bello. Ils l’ont reconstruit de A à Z car les ailes avaient été trouées par la grêle.

En 2010, un autre coup de cœur pour l’appareil no 4, un Titan Tornado. Le hic, l’appareil est à Tampa Bay en Floride.

« J’ai fait toutes les transactions par Internet avec le propriétaire en Floride, un policier amateur d’aviation. En décembre 2010, Robert et un ami sont partis avec une remorque de 25 pieds en pleine tempête de neige. Ils ont fait 3200 kilomètres pour aller. Sur place, ça l’a pris moins de trois heures pour mettre l’avion sur la remorque, défaire l’aile de 24 pieds en une seule pièce pour la coucher le long du fuselage, bien arrimer le tout et repartir pour 3200 autres kilomètres de retour vers Alma », se remémore Éric.

Puis, ce fut l’achat d’un kit en provenance des USA, le no 5. Ce ne fut pas un succès.

Il a rapidement été revendu et l’argent a servi à l’acquisition du 6e appareil.

« Je penses que là, on a quelque chose de bien. Côté motorisation, on a choisi le maximum disponible, soit un moteur Rotax 912 S d’une puissance de 100 ch. Avec son hélice à trois pales, on devrait atteindre quelque 110 milles/heure », souhaite Éric.

Cependant, ils pourront le valider seulement après l’obtention de leur certificat de navigation.

Le moteur a tourné quelque trois heures pour le rodage et les ajustements, mais l’appareil n’a pas encore franchi un seul mètre au sol.

Cela leur a permis de soigner tout le montage car en juin prochain, ils seront à Sherbrooke pour le concours des Faucheurs de marguerite où l’on détermine les appareils ultra léger les mieux assemblés. Avec son Faucon I, en 1996, Robert avait remporté le 1er prix. Et cette fois-ci, quand on analyse la qualité de la réalisation dans les petits détails, leurs chances sont excellentes.

« Quand on va pouvoir voler, on va s’élancer sur la piste et prendre une cinquantaine de pieds d’altitude pour tester la réaction de l’avion et si tout va bien, on va pousser les gaz pour un premier vol de reconnaissance au-dessus d’Alma », anticipent les deux aviateurs.

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