Services incendie: la MRC LSJE est un modèle à travers le Québec

Services incendie: la MRC LSJE est un modèle à travers le Québec

FORMATION. La MRC Lac-St-Jean-Est fait l’envie de bien d’autres MRC à travers le Québec au chapitre de l’organisation pour combattre les incendies et de la formation de ses pompiers. En effet, les quelque 215 pompiers qui œuvrent dans les 16 casernes du territoire ont tous atteint le niveau de formation Pompier I ou Pompier II et plusieurs d’entre eux poursuivent leur formation afin d’obtenir des spécialités comme opérateur de pompe, de véhicule élévateur ou encore en sauvetage. La MRC possède même une équipe spécialisée de 12 pompiers pour le sauvetage vertical (Équipe Araignée), les espaces clos (silos) et sur la glace.

Bernard Dallaire, directeur du service de prévention des incendies à Ville d’Alma est lui-même gestionnaire de formation pour l’École nationale des pompiers du Québec. En vertu d’une entente administrative, il a également sous sa gouverne les Régies intermunicipales en sécurité incendie des secteurs Nord et Sud. Que ce soit pour les opérations, l’administration, la formation ou le maintien des compétences, Bernard Dallaire et son équipe articulent cette structure performante depuis 2008.

En décembre dernier, la ministre de la Sécurité publique annonçait la mise en œuvre du nouveau Programme d’aide financière pour la formation des pompiers volontaires ou à temps partiel. Ce programme est doté d’une enveloppe budgétaire de 19,5 M$ répartis sur cinq ans.

Malheureusement, Bernard Dallaire ne croit pas que son organisation aura accès à ce programme, le travail ayant été fait depuis longtemps.

« Au moment où on se parle, on a environ 215 pompiers qui sont formés à 100 %. Nous, comme municipalité (Alma), on a mis les gros sous depuis 2002 et ça s’est poursuivi en 2007 avec l’avènement du Schéma de couverture de risques pour l’ensemble de la MRC Lac-St-Jean-Est, pour atteindre l’objectif du grade Pompier I et Pompier II et aujourd’hui, je suis rendu à former mes gens dans le spécialisé », souligne Bernard Dallaire.

La brigade de la MRC Lac-St-Jean-Est compte six pompiers permanents et des pompiers volontaires qui sont réunis au sein du Regroupement des pompiers des secteurs Sud et Nord et qui oeuvrent dans chacune des casernes de chaque municipalités réunis sous la structure des Régies intermunicipales Nord et Sud.

Ils bénéficient d’une entente de travail renouvelée en 2012 et qui régit leurs conditions de travail pour les quatre prochaines années. Toutes les parties impliquées ont signé les textes de l’entente qui constitue en quelque sorte l’équivalent d’une convention collective de travail même si ces employés ne sont pas syndiqués.

Cette nouvelle entente stipule notamment que les Régies vont continuer à disposer d’un budget annuel de quelque 60 000 $ à 70 000 $ pour parfaire la formation de leurs membres.

Ainsi, les pompiers qui bénéficiaient d’une « clause grand-père », soit une formation datant d’avant 1998 et ceux qui avaient suivi une formation entre 1998 et 2003 (avènement de la formation Pompier I et II) ont été intégré dans un processus continue de formation pour s’assurer qu’ils avaient les connaissances requises pour exercer la fonction.

Cependant, avec les départs à la retraite, il y a de moins en moins de gens de cette catégorie.

Pompier, une passion

« Devenir pompiers, ce n’est pas une job pour se mettre riche avec ça, c’est une passion », lance d’un trait le commandant Bernard Dallaire pour expliquer en quoi consiste ce métier.

Sur notre territoire, les pompiers sont à temps partiel et tous les deux ans, environ 10 % de l’effectif des pompiers est à renouveler. Les gens quittent soit en raison d’âge, d’un transfert ou abandonnent le métier.

Ces pompiers proviennent de différents corps de métier: des enseignants, des mécaniciens, des techniciens, des ingénieurs: de toutes les classes sociales.

« Mais, quand le bip sonne, ils deviennent pompiers car ils sont pompiers à toute heure et à tout moment », rappelle le capitaine.

Pour les nouveaux pompiers, ils s’engagent dans un processus de formation de 306 heures sur 18 mois pour atteindre le niveau Pompier I.

« Je ne veux pas faire de la formation pour faire de la formation. C’est de l’argent que l’on investit, et il faut un retour sur investissement. On est présentement en processus de sélection et on rencontre les candidats avec leur épouse pour qu’ils aient la même information en même temps. Quand tu décides d’être pompier, tu le décides personnellement mais tu l’imposes à ton entourage car c’est du 24/7, 365 jours. Quand le téléavertisseur sonne pour aller au feu, on s’attend à ce que la personne va répondre immédiatement », souligne Bernard Dallaire.

Une fois sélectionnés, les candidats sont rencontrés individuellement et on vérifie certains éléments dont la capacité d’assumer la tâche.

« On a des exercices et on fait prendre conscience au candidat de ce que c’est le travail de pompier en terme de lourdeur d’équipements, en terme de perte de visibilité, en terme d’efforts physiques, en terme de hauteur. Ça me prend des gens qui sont capables de faire le travail et qui sont polyvalents», explique Bernard Dallaire.

Cette nouvelle cohorte de pompiers, en stade de recrutement, sera d’environ 24 nouveaux pompiers.

Ce processus de formation continue et le maintien de compétence permet d’introduire de nouvelles connaissances.

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