Soins palliatifs : Interdiction des visites à contrecœur

Photo de Julien B. Gauthier
Par Julien B. Gauthier
Soins palliatifs : Interdiction des visites à contrecœur
La bonification du financement est dédiée aux salaires du personnel. (Photo : Archives)

Ce n’est pas par gaité de cœur que les maisons de soins palliatifs ont interdit leurs visites le 1er avril à la suite d’un décret du ministère de la Santé. Bien que l’objectif soit de protéger les patients, les familles et le personnel, les établissements de la région ont dû s’y plier à contrecœur.

« Notre mission est aussi de prendre soin des familles. Tout le personnel trouve cela dommage de restreindre les visites. Ils sont aussi attristés que les familles. Ça leur exige d’être plus près des patients », affirme d’entrée de jeu Marie-Lyne Fortin, directrice générale de Soli-Can Lac-Saint-Jean Est.

Judith Camier, directrice générale du Havre du Lac-Saint-Jean. (Photo : archives)

« On s’occupe autant des familles que des patients. Nous sommes un domicile pour eux. Pour nous, c’est comme nous faire couper une jambe », ajoute pour sa part Judith Camier, directrice générale du Havre du Lac-Saint-Jean.

En majeure partie, les familles, le personnel et les patients comprennent bien la situation. Par ailleurs, on y souligne l’importance accordée à la cause du décès pour lequel les patients sont admis. « C’est important pour nous que les personnes décèdent des suites de la maladie pour laquelle elles sont admises et non pour la COVID-19 », selon Mme Fortin.

Quelques exceptions

Somme toute, il peut y avoir des exceptions. D’abord, pour des raisons humanitaires, lorsqu’il devient apparent que la mort d’un patient soit imminente dans les 24 à 48 heures (agitation, somnolence, angoisse, modification de la peau et détresse respiratoire), deux membres de la famille peuvent être admis sous certaines conditions.

« Nous y allons toujours dans la gestion des risques. Ça ne peut pas être n’importe qui, comme quelqu’un qui travaille dans le réseau de la santé », explique Mme Camier.

La visite d’une personne peut également être accordée lorsqu’un patient vit du stress ou de l’anxiété. « Si c’est plus anxiogène d’être seul et de ne pas avoir accès à un proche, un va faire venir un proche plutôt que de faire venir un travailleur social. »

Marie-Lyne Fortin, directrice générale de Soli-Can Lac-Saint-Jean-Est. (Photo Courtoisie)

Tournant virtuel

À défaut de pouvoir permettre des visites, les maisons Havre du Lac-Saint-Jean et Soli-Can offrent maintenant la possibilité de communiquer avec leurs proches virtuellement.

En effet, elles disposent maintenant de iPads dont les usagers pourront utiliser pour effectuer des vidéoconférences.

« Malgré l’âge avancé de certains de nos patients, ils sont assez technos ! », conclut Marie-Lyne Fortin.

Partager cet article