Terres agricoles: un phénomène relié au rendement financier

Terres agricoles: un phénomène relié au rendement financier

VENTE DE TERRES AGRICOLES.La rareté de la disponibilité de terres agricoles ralentit le phénomène de l’accaparement que l’on a connu ces dernières années au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Cependant, le phénomène est toujours présent car les terres agricoles représentent un investissement présentant un fort rendement.

« Acquisition des terres agricoles: faits, enjeux et réflexions », tel était le sujet d’une conférence courue par plus de 165 personnes vendredi dernier.

Catherine Brodeur, M. Sc., directrice du développement, études économiques, Groupe AGÉCO, était en effet conférencière devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Lac-St-Jean-Est qui a ainsi obtenu sa meilleure audience de l’année avec cette présentation sur l’acquisition de terres agricoles par des intérêts étrangers, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre au Québec en début d’année 2010 et encore plus dans la région avec l’arrivée du phénomène Pangéa qui a notamment repris les terres qui avaient été acquises auparavant par la Banque Nationale qui s’est retirée du dossier en raison de la controverse soulevée.

« À l’hiver 2012, retentissant retour médiatique sur le sujet, mais sous un angle différent: des investisseurs privés et institutionnels, cette fois québécois, affichent leur appétit pour le foncier agricole », a rappelé Catherine Brodeur.

Notamment, elle a fait un long historique du phénomène international qui a commencé à s’accentuer au début des années 80 dans le monde.

Le contexte alimentaire mondial et la flambée des prix des aliments de base a incité les investisseurs à se procurer des surfaces agricoles et le prix de ces terres a connu un boum majeur.

Ramenant le dossier à l’échelle du Québec, Catherine Brodeur estime que nous sommes mieux outillés, notamment avec la CPTAQ et les lois qui restreignent la propriété de terres agricoles par des non-résidents.

Notamment, dans la province, 81 % des agriculteurs sont propriétaires-exploitants contre 60 % pour le Canada ce qui place le Québec en 2e position dans le monde à ce chapitre, après l’Irlande.

« Le placement qui a le mieux performé des 10 dernières années, ce sont les terres agricoles », soutient Catherine Brodeur, ce qui explique notamment la présence de certains fonds de placement qui veulent ainsi faire fructifier leur argent.

Valeur

Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, le prix des terres agricoles varie de quelque 2500 $/hectare pour une terre en friche à 3500 $ à 4000 $ l’hectare pour une terre en culture.

Cependant, la disponibilité de telles terres est de plus en plus rare.

Cependant, les actuels propriétaires ont le choix entre vendre leur terre à la relève agricole qui n’est pas toujours évidente ou à ces géants qui pointent à l’horizon et qui veulent utiliser ces terres à des fins de grande culture comme le canola, le soya, le blé humain et le maïs.

C’est tout le modèle de production agricole qui risque de changer avec le temps.

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