Un projet d’abattoir provincial dans la mire

Par Serge Tremblay
Un projet d’abattoir provincial dans la mire
Dominique Harvey espère pouvoir transformer son abattoir de proximité en abattoir de type provincial. (Photo Trium Médias - Serge Tremblay)

La Ferme Harvey de Sainte-Jeanne-d’Arc, qui exploite actuellement un abattoir de proximité, a dans ses cartons de devenir un abattoir de type provincial. Un projet qui permettrait de répondre à un besoin croissant au Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

« C’est un besoin que l’on a dans la région. Actuellement, la demande est très forte et on n’est pas en mesure de répondre. L’objectif, c’est d’obtenir les certifications pour devenir un abattoir de type provincial et faire de la transformation ici dans la région », explique Dominique Harvey, propriétaire de la Ferme Harvey. 

Celui-ci estime qu’un investissement de l’ordre de 200 000 à 250 000 $ sera nécessaire pour apporter les modifications nécessaires à son abattoir de proximité. 

« On ne parle pas de modifications majeures. C’est surtout certains travaux de mise aux normes qui sont nécessaires pour obtenir les certifications, surtout en ce qui regarde la circulation. » 

Avec un permis d’abattoir de type provincial, la Ferme Harvey pourrait plus que doubler sa capacité et ainsi abattre de 500 à 600 bêtes annuellement. 

Équarrissage 

Le premier pas consiste toutefois à mettre sur pied une usine-pilote d’équarrissage, un projet que l’on espère pouvoir concrétiser dès cette année ou encore en 2022. Cette usine permettra de faire la transformation des déchets de l’abattage et des viandes non comestibles. 

« On peut ainsi valoriser à 100% le bœuf dans son ensemble. Les déchets comme les os et les viandes non comestibles sont en demande pour la nourriture animale comme dans les zoos ainsi que pour les chenils. » 

Et cette étape préliminaire est critique, car l’équarrissage est une condition sine qua non pour assurer la rentabilité d’un abattoir de type provincial. 

« Sans ça, l’entreprise n’est pas viable, car il faut faire affaire à l’externe et c’est très dispendieux. Avec une usine d’équarrissage, on n’a pas besoin de refiler la facture au client et ça permet aux producteurs d’avoir de la viande locale dont le coût est en dessous du bœuf commercial. » 

Enjeu régional 

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la question de l’abattage est un enjeu d’importance pour les producteurs bovins. Les abattoirs de proximité offrent un bon service, mais ils sont limités dans la portée de leur action. Et aller faire abattre vers les grands centres est difficile à rentabiliser. 

« Aller vers Québec, par exemple, c’est très onéreux. D’abord, la bête perd beaucoup de poids pendant le transport, jusqu’à 80 livres, et il faut payer le transport pour aller vers l’abattoir et ensuite transporter à nouveau pour revenir dans la région. La marge de profit sur le bœuf ne permet pas ça. » 

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