Usine Alma: le train du Roberval-Saguenay sifflera trois fois !

La direction de Rio Tinto Alcan n’entend pas à rire dans le présent lock-out à son usine Alma. Les employés du Chemin de fer Roberval-Saguenay ont reçu une menace de congédiement s’ils ne livraient pas à l’intérieur de l’usine les précieux wagons contenant l’alumine, produit essentiel pour le maintien des opérations.

Depuis le déclenchement du conflit, samedi dernier, le train se rendait jusqu’aux limites de l’Usine, mais par solidarité, les opérateurs refusaient de franchir une ligne symbolique en guise d’appui aux employés syndiqués de l’Usine Alma.

La direction a lancé un ultimatum à sa dizaine d’employés syndiqués opérant le transport ferroviaire : leur convention collective vient à échéance en 2015 seulement et en attendant, ils doivent obéir aux ordres, soit livrer la précieuse marchandise à l’intérieur de l’usine pour réapprovisionner les silos d’entreposage dont le contenu doit tirer à sa fin, même si RTA a réduit des deux tiers sa capacité de production.

Certes, les employés du Roberval-Saguenay ne le font pas de gaité de cœur et en ont avisé la direction du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma qui comprend très bien la situation.

Procédé complexe

La livraison d’alumine reprend donc à l’usine de même que la livraison d’autres produits.

Sur le site Internet de l’Usine Alma, sous l’onglet Technologie, on y apprend ceci au chapitre des besoins en approvisionnement de l’usine dans un contexte normal de fonctionnement, soit une production annuelle de 438 000 tonnes métriques. Actuellement, cette production n’est plus que de 146 000 tonnes métriques:

« Conçue pour garder les poussières emprisonnées, la station de déchargement des matières premières reçoit quotidiennement plus de 2000 tonnes d’alumine, 400 tonnes de coke et 100 tonnes de brai. Ces matières premières sont dirigées vers les silos et les réservoirs d’entreposage.

S’élevant à 77 mètres d’altitude, l’atelier de pâte crue a été dessiné de façon à utiliser la gravité pour transporter les matières qui entrent dans le processus de fabrication des anodes. Concrètement, les tonnes de coke et de matières récupérées sont toutes traitées, mélangées au brai liquide, puis formées en pâte à l’intérieur de l’atelier selon une série d’étapes qui débutent au sommet de la tour et se terminent au bas de l’édifice.

Les anodes qui sortent de l’atelier sont acheminées vers deux immenses fours à cuisson. Après avoir atteint la densité et la conductivité souhaitées, après 14 jours au four, ces anodes sont scellées par couple à une tige d’aluminium puis transportées vers les salles de cuves. En tout, les salles de cuves du centre d’électrolyse de l’Usine Alma consomment à chaque année, environ 115 000 ensembles anodiques (un ensemble comprend deux anodes). »

Ces explications démontrent à quel point un approvisionnement constant est nécessaire pour une production continue à l’Usine Alma.

Actuellement opéré par quelque 224 employés-cadres, le maintien du tiers de la production tiendra à deux éléments essentiels, soit une livraison constante des matières premières et la capacité de ces employés-cadres à opérer l’usine de fabrication des anodes.

À ce sujet, il ne faut pas oublier qu’une anode a une durée de vie utile de quelque 28 jours, après quoi elle est consumée et doit être changée.

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