Voie de contournement : Un comité de commerçants veut faire front

Photo de Julien B. Gauthier
Par Julien B. Gauthier
Voie de contournement : Un comité de commerçants veut faire front
Joseph-Henri Minier est encore au stade de recrutement. D’ici là, il entend contacter tous les commerçants et entrepreneurs du secteur de Delisle et L’Isle Maligne pour qu’ils se joignent au mouvement. (Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Le propriétaire du Garage Delisle, Joseph-Henri Minier, lance un appel à tous les commerçants et entrepreneurs de Delisle et de L’Isle Maligne afin de défendre leurs intérêts dans la construction de la voie de contournement. Selon lui, la nouvelle route fera mal à l’économie locale ainsi qu’aux citoyens du secteur.

Comme bien d’autres commerçants, Joseph-Henri Minier est déchiré entre l’option de déménager son commerce le long de la nouvelle route, ou de rester là où il est, pour le bien des citoyens de Delisle et de L’Isle Maligne.

« Prenez l’exemple de la route 175 à Stoneham. Avant, il y avait plein de commerces. Ils ont malheureusement dû fermer. Tout le monde a été oublié dans ce coin-là. C’est ça qui va se passer avec nous autres. Il faut protéger nos quartiers, il faut les conserver, il faut les garder. On a du monde ici », a-t-il talonné.

Même si son entreprise est déjà connue du milieu et qu’il a une clientèle bien établie, Joseph-Henri Minier craint de se faire oublier et que la nouvelle voie de contournement dissuade les automobilistes à faire leurs courses à Delisle et L’Isle Maligne. (Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Beaucoup moins de trafic

Selon les projections du ministère des Transports du Québec, la future voie de contournement diminuera la circulation dans le secteur de 75 %. Actuellement, près de 16 000 voitures y passent quotidiennement.

« Le trafic va tomber à 3000 voitures par jour, même moins. Il va nous falloir une clientèle très, très, très fidèle », estime l’initiateur du mouvement, qui rappelle que 10 % de ses clients arrêtent à son garage simplement parce qu’ils ont vu l’enseigne.

Inquiétude partagée

De son côté, Jacques Tremblay, président de Rémi Bouchard Électrique, ne cache pas que la nouvelle voie de contournement peut avoir des effets positifs notamment sur la diminution du trafic. Il n’entend d’ailleurs pas déménager.

Cependant, il craint de se faire oublier. « La personne qui n’a plus l’habitude de passer en avant de chez nous, il ne nous a plus dans sa tête. Il a tendance à nous oublier ».

Quant au propriétaire du Métro Delisle, André Fortin, celui-ci est en train d’étudier le dossier avec Joseph-Henri Minier. Il n’a pas voulu, pour l’instant, confirmer s’il souhaitait déménager ou non.

« On ne se cache pas que ça va avoir un impact financier assez lourd sur nos entreprises. J’en aurais long à dire. Ça touche positivement certains citoyens et négativement d’autres. Les revendications et toutes nos doléances ont été entendues de sourde oreille quand ça a été le temps. Maintenant, ce sont les conséquences de tout ça qui vont nous arriver », a-t-il soutenu.

Toujours à la recherche d’un porte-parole, Joseph-Henri Minier fera entendre ses revendications auprès de Ville d’Alma. Il croit d’ailleurs qu’un congé de taxes pendant quelques années permettrait d’amortir l’éventuel choc financier.

Partager cet article