Voitures électriques: les ventes de bornes de rechargement au ralenti

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Voitures électriques: les ventes de bornes de rechargement au ralenti
Véhicule électrique. (Photo : Pixabay)

Actuellement, les consommateurs doivent en moyenne patienter jusqu’à deux ans avant de recevoir leur véhicule électrique. Des délais qui se reflètent dans les ventes de bornes de recharge électriques, qui tournent au ralenti.

« En ce moment, les ventes sont pas mal en dessous de ce qu’on prévoyait en 2020 », indique Claude Gauthier, propriétaire de Vers l’Avenir, une entreprise jeannoise spécialisée dans la vente de bornes de recharge électriques, ainsi que directeur régional de l’Association des propriétaires de véhicules électriques.

Il explique que la courbe de ses ventes suit de près celle des véhicules électriques.

« Depuis la semaine passée, j’ai beaucoup plus d’appels de propriétaires qui veulent avoir des bornes à la maison parce que les concessionnaires Hyundai ont reçu des véhicules récemment. »

En somme, Claude Gautier soutient que son entreprise est directement affectée par les délais de livraison des fabricants d’automobiles, particulièrement longs en ce moment.

Il affirme que néanmoins que les ventes corporatives se portent bien alors que de plus en plus d’entreprises souhaitent offrir des bornes de recharge à leurs clients ou leurs employés.

Une desserte déséquilibrée

En ce qui concerne les bornes de recharge rapides publiques, Claude Gauthier  remarque que la desserte « est plus problématique au Saguenay qu’au Lac-Saint-Jean ».

« Au Lac-Saint-Jean, il y a des bornes rapides dans à peu près tous les villages (une douzaine au total). C’est vraiment bien distribué, tandis que de Jonquière à La Baie, il y en a seulement cinq. »

Selon lui, cette disproportion serait due à des retards dans l’implantation de 19 bornes supplémentaires à Saguenay en raison de « petits problèmes » chez RL Énergies, l’entreprise responsable de l’installation des bornes.

« Ça devait être fait en 2020, mais là, ils commencent à les implanter. »

Pour le secteur d’Alma, Claude Gauthier estime que les trois bornes rapides qu’on y retrouve sont suffisantes pour répondre aux besoins actuels.

Les petits concessionnaires désavantagés

Par ailleurs, Claude Gauthier constate que les petits concessionnaires régionaux ont plus de difficulté à s’approvisionner en véhicules électriques que leurs compétiteurs de plus grande taille.

« Les concessionnaires reçoivent un nombre de véhicules électriques en fonction de leur chiffre d’affaires et de combiens ils en ont vendu par les années passées. Donc, si tu alloues juste 4 ou 5 véhicules électriques à un petit concessionnaire de Saint-Félicien qui voudrait peut-être en vendre plus et qui fait beaucoup de promotion, eh bien, il ne peut pas en vendre plus que 4 ou 5 parce que c’est ça que le manufacturier lui a envoyé. »

C’est ensuite un cercle vicieux qui s’enclenche, considérant que « quand il y a une autre vague de véhicules qui arrive, les manufacturiers disent qu’ils vont juste lui en redonner 4 ou 5 parce que c’est ça qu’il a vendu la dernière fois ».

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