Cinq candidats régionaux dans la présente campagne électorale s’affrontaient jeudi midi, au Théâtre C de Chicoutimi, dans un débat électoral organisé par Radio-Canada. Le débat, nettement plus vivifié que celui de la veille, mettait aux prises le libéral Serge Bergeron (Roberval), le caquiste Yannick Gagnon (Jonquière), la solidaire Jeanne Palardy (Chicoutimi), la péquiste Marie-Karlynn Laflamme (Chicoutimi) et la conservatrice Catherine Morissette (Dubuc). Les cinq débatteurs ont notamment eu à échanger pendant près de 90 minutes sur le coût de la vie, le logement, l’économie régionale, l’immigration, la santé et l’environnement.
D’entrée de jeu la table était mise dans les deux premières minutes alors que la députée sortante péquiste Laflamme a vivement interpellé le député sortant de Jonquière sur les mesures mises en place par le gouvernement sortant en maitère du coût de la vie. Et même si le coût de la vie était la thématique première, la discussion a rapidement bifurqué vers la situation du logement, où le député Gagnon a vivement rappelé que les incitatifs caquistes étaient nettement supérieurs à ceux du parti Québécois.
Concernant la crise forestière, Serge Bergeron a insisté sur l’importance de revaloriser le bois, étant donné que c’était la première économie vitale de son comté, alors que Yannick Gagnon a souligné qu’en matière de bois et de forêts, il fallait “régionaliser” les décisions.
Zone industrialo-portuaire
Concernant Port Saguenay, la candidate Laflamme s’engage à poursuivre dans la continuité, et à faire en sorte que les engagements pris par le gouvernement sortant soient respectés. Catherine Morissette souligne l’importance d’accompagner les gens du Port, parce que sinon, sans accompagnement, “le développement portuaire va se noyer”. Jeanne Palardy ajoute qu’avec Port Saguenay, il faut cependant éviter de mettre tous les œufs dans le même panier.
Immigration
Les échanges sur l’immigration ont été eux aussi “passionnés”, selon l’animateur Jean-François Coulombe. Les cinq candidats s’entendent pour dire que les travailleurs immigrants sont une richesse pour la région. Serge Bergeron rappelle cependant qu’on n’arrive pas à s’entendre sur les seuils d’immigration qu’il faut respecter. Il rappelle que l’hôpital de Roberval aurait besoin de cette main d'œuvre, alors qu’il manque 71 infirmiers(ères) pour le bon fonctionnement du centre hospitalier. Marie-Karlynn Laflamme rappelle l’importance d’avoir tous les services adéquats pour bien les accueillir. Yannick Gagnon a pour sa part interpellé Mme Laflamme, à savoir si on y allait d’un permis ouvert ou fermé en matière de travailleurs étrangers, ce à quoi la candidate a rétorqué qu’on devrait y aller d’un permis “sectoriel”.
Le manque d’étudiants internationaux a aussi été abordé. Yannick Gagnon a fait valoir qu’il fallait faire des efforts. Catherine Morissette mentionne que le système doit être revu, l’immigration doit selon elle devenir une compétence provinciale. Jeanne Palardy soulève toutefois l’incohérence de l’idée, disant que pour y arriver, ça prend des fonctionnaires, alors que les autres partis parlent tous de réduire la taille de l’État en coupant dans le nombre de fonctionnaires. Serge Bergeron ajoute que selon lui, s’il n’y avait pas d’étudiants internationaux au Cégep de Saint-Félicien, il ne resterait plus qu’à y mettre la clé sur la porte.
Santé
Serge Bergeron se montre en désaccord avec l’abolition de Santé Québec. Jeanne Palardy, la plus jeune des candidats et candidates, a pour sa part fait réagir pour la première fois l’assistance pendant le débat, soulignant sa légère exaspération sur les réformes successives de la santé. La solidaire a simplement rappelé que depuis qu’elle est née, on parle encore et toujours de “réforme de la santé”.
Concernant l’itinérance, pour renverser la tendance, la candidate conservatrice Morissette souligne que l’itinérance représente un projet de vie commun à tous les partis, et que c’est avec ce projet de vie qu’on pourra mesurer la capacité de s’entendre de tout le monde. Empruntant sensiblement les mêmes propos, Marie-Karlynn Laflamme rappelle aussi que l’itinérance, c’est effectivement un projet de société.
Energies fossiles
Rappelant les récentes ententes du gouvernement Carney, Jeanne Palardy rappelle qu’il faut se débarrasser de cette manie de mettre de l’avant les énergies fossiles. La candidate péquiste abonde dans le même sens, émettant la suggestion de mettre de l’avant les biocarburants. Serge Bergeron parle d’acceptabilité sociale pour tous projets sur le territoire régional, en obtenant l’assentiment de tout le monde, incluant les communautés autochtones et les Premières Nations. Mme Laflamme souligne l’importance d’y aller non seulement de “consultations”, mais aussi de concertation.



