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Martine Ouellet, cheffe de Cilmat Québec de passage à Alma

"Rio Tinto ne respecte plus sa part du pacte social"

Le 29 septembre 2026 - Modifié à 17 h 21 min
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste

Martine Ouellet, cheffe du parti émergent Climat Québec, était de passage à Alma ce matin. En conférence de presse, cette dernière a notamment insisté sur l’importance d’exiger aux multinationales telles que Rio Tinto et Domtar de respecter leur part du contrat social dont elles bénéficient depuis des décennies. La cheffe estime notamment qu’il est urgent de se préoccuper de l’utilisation que ces entreprises font de l’électricité qu’elles génèrent.

« Lors de la nationalisation de l’électricité, il y a eu un pacte social pour ne pas nationaliser les barrages hydroélectriques du Saguenay-Lac-Saint-Jean, surtout avec Rio Tinto, et dans une moindre mesure, avec ce qui est aujourd’hui Domtar », affirme celle qui a été ministre des Ressources naturelles pour le Parti Québécois durant l’ère de Pauline Marois.

Selon Martine Ouellet, ce pacte, ou contrat social, reposait sur le fait qu’à l’époque, les multinationales s'étaient engagées à maintenir un certain nombre d’emplois et de retombées économiques régionales en échange d’une électricité à « très bas prix ». Or, observe-t-elle, dans le cas de Rio Tinto, auparavant Alcan, le nombre d’emplois n’a cessé de décroître depuis la nationalisation de l’électricité, pour atteindre une moyenne d’environ 4 300 emplois dans la région au cours des dernières années. Conséquemment, la cheffe de Climat Québec estime que les avantages fiscaux liés à la production d’électricité de Rio Tinto, qui représenteraient une subvention d’environ 1,2 G$ par année, ne sont plus légitimes. « Ce n’est pas normal, dit-elle, de maintenir un avantage aussi grand pour une multinationale étrangère. »

Martine Ouellet soutient avoir de bonnes raisons de penser que l’on assiste actuellement à une privatisation progressive de la vente d’électricité au Québec. Elle estime que la nouvelle Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques jette ni plus ni moins les bases d’un « retour des trusts d’électricité ». 

« Rio Tinto s’oriente de plus en plus vers les nouvelles énergies, notamment vers l’éolien. Pendant ce temps-là, avec le la loi 69, elle [la multinationale] aura le droit de vendre son électricité directement, sans passer par Hydro-Québec », affirme celle qui a occupé un poste d’ingénieure chez Hydro-Québec durant plusieurs années.

Martine Ouellet estime qu’avec une  « véritable volonté politique », le Québec et la région pourraient cesser de « se faire manger la laine sur le dos par les multinationales ».

« Nous, chez Climat Québec, on pense que l’électricité produite au Québec devrait servir les intérêts du Québec et non des intérêts privés. En tenant compte de tous les privilèges accordés à Rio Tinto et à Domtar par le passé et le non-respect des conditions des baux de location des barrages privés, on pourrait reprendre les baux de location et nationaliser la production de cette électricité-là et créer des emplois ici. »

 

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