De l’information régionale, quoiqu’il en coûte

Rédaction

Déception. C’est le sentiment qui nous habite depuis la décision de Radio-Canada de fermer son bureau de Roberval. Si la société d’État en a fait un choix purement économique, c’est malheureusement le Haut-du-Lac et la cause des régions qui paieront réellement le prix d’une couverture médiatique réduite.

Que l’on se comprenne bien : il ne s’agit pas là de critiquer la décision parallèle d’implanter de nouvelles ressources à Alma. Prise séparément, nous nous en réjouirions, car Alma et les environs, par leurs enjeux tout aussi complexes que multiples, méritent autant, et depuis longtemps, leur propre couverture. Ce que nous trouvons réellement décevant, c’est plutôt que Radio-Canada ait choisi d’abandonner ni plus ni moins la moitié des collectivités du Lac-Saint-Jean, dont plusieurs se situeront désormais à plus de 90 minutes en voiture d’une équipe de télévision nationale.

De plus, nous devons souligner que cette décision s’est prise sans en informer les élus, sans avertir les communautés et la Première Nation touchées et sans tenir une discussion sur l’information d’État en région. Pourtant, c’est l’un des piliers de la Société Radio-Canada, dont la loi constitutive précise que la programmation devrait à la fois : « refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu’au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions ».

Et on comprend bien pourquoi : le Québec et le Canada ne sont pas uniquement le produit de quelques dizaines de métropoles, c’est aussi la somme de milliers de petites et moyennes communautés, qui occupent et aménagent un vaste territoire. Il est capital à la démocratie et au dialogue que dans ce pays, les citoyennes et les citoyens de toutes les régions aient l’opportunité de se faire entendre sur la scène nationale. La décision de fermer le bureau de Roberval aura pour conséquence d’en laisser bon nombre sans voix.

À la direction de SRC, comment peut-on justifier qu’avec des moyens colossaux on ne puisse plus mettre d’effort pour couvrir l’ensemble des régions ? Nous ne pouvons conclure qu’à un échec à la mission fondamentale du diffuseur public.

Radio-Canada doit donc, selon nous, continuer à couvrir le Saguenay–Lac-Saint-Jean de façon complète en ajoutant des effectifs au lieu d’en déplacer. Car, s’il est exact que l’information régionale a un coût, il y a pourtant deux stations de radios privées, deux journaux hebdomadaires privés, un journal quotidien coopératif et une télévision communautaire qui réussissent eux à couvrir le Haut-du-Lac.

Signataires : 13 élus du territoire, incluant les députés Alexis Brunelle-Duceppe et Nancy Guillemette.
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