Les microbrasseurs sont dans le néant

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Par Julien B. Gauthier
Les microbrasseurs sont dans le néant
Pour le bien de l’économie locale et régional, l’équipe du Coureur des bois estiment qu’il est primordial de garder l’industrie de la microbrasserie vivante malgré la crise. (Photo : Archives)

Le mois d’avril est pour les microbrasseries un mois déterminant. Il s’agit, selon le jargon, de la période du « réveil du client », situé entre la période hivernale et le retour du beau temps et des festivals.

Synonyme d’une augmentation des ventes et de production, habituellement, le printemps laisse entrevoir de beaux moments pour l’industrie. Cependant, les producteurs nagent actuellement dans le néant le plus total.

Mises à pied, fermeture des sections bars, surplus de bière et production au ralentie, ils doivent absorber un énorme choc. À Saint-Félicien, la Chaoupe a perdu 50% de son chiffre d’affaires et 11 personnes ont été mises à pied. La production est réduite au minimum. La section restaurant est fermée.

« On roule maintenant à quatre personnes. On a ralenti la production parce qu’on ne peut plus continuer à la même vitesse qu’avant. L’avenir est incertain. On suit ça au jour le jour. On peut mettre un X sur la saison touristique », fait valoir le brasseur Louis Hébert.

Des surplus de bière

Louis Hébert a bon espoir que les gens prendront davantage le temps de découvrir leur région et ses produits du terroir après la crise. (Photo : Archives)

Partout au Québec, la situation est la même. Le Lac-Saint-Jean n’est pas épargné. « On avait hâte au mois de mars. Le soleil arrive, la morosité de l’hiver commence à s’en aller. C’est la période où les gens commencent à profiter de la lumière », ajoute Caroline Mailloux de la microbrasserie Coureur des Bois de Dolbeau-Mistassini, qui a été contrainte de mettre à pied une vingtaine d’employés.

À cette période de l’année, les microbrasseries ont accumulé des réserves en prévision de l’été. Cependant, le marché du fut est mort et les annulations de festivals s’accumulent. Seule la vente embouteillée continue d’opérer. Comme la bière est un produit périssable, elles écoulent leur surplus en offrant des rabais.

Malgré tout, la bière de microbrasserie continue d’être distribuée dans les épiceries et les dépanneurs. Une forte augmentation des ventes fut d’ailleurs remarquée en début de crise alors que plusieurs se ruaient pour accumuler des réserves.

Lueur d’espoir

À l’issue de la crise, les producteurs ont toutefois espoir que les consommateurs se tournent davantage vers les produits locaux.

« Je pense que les gens réalisent à quel point notre économie peut être fragile. Les gens ont tendance à vouloir aider leur prochain tant au niveau de l’entrepreneuriat qu’au niveau personnel. », soutient pour sa part Audrey Girard, directrice générale de Riverbend.

D’ailleurs, elle a déjà remarqué cette sensibilité à l’égard de son entreprise.  « Nous avons gardé notre boutique ouverte et nous sommes contents de pouvoir faire ça. Je le constate : les gens encouragent beaucoup local. Il y a comme un élan de solidarité au niveau des microbrasseries. »

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