Producteurs de lait : Pertes de 33 000 $ par jour dans la région

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Par Julien B. Gauthier
Producteurs de lait : Pertes de 33 000 $ par jour dans la région
La Fédération canadienne d’Agriculture estime qu’une aide de 2,6 G$ est nécessaire pour soutenir la pérennité du système agroalimentaire canadien. (Photo : Archives)

La crise économique engendrée par la COVID-19 n’épargne pas les agriculteurs de la région, notamment les producteurs laitiers. Elle a engendré des pertes de 7 $ l’hectolitre, ce qui représente de pertes mensuelles de 1M$ pour l’ensemble des producteurs.

Selon Geneviève Rainville, directrice de la recherche économique pour les Producteurs de lait du Québec, la crise a engendré un surplus de production de lait de 6% qui a fait chuter son prix, passant de 83 $ à 75 $ l’hectolitre en un mois.

Gérard Mathieu, 1er vice-président Syndicat local Lac-Saint-Jean-Est de l’UPA. (Photo : Courtoisie UPA)

Par ailleurs, le fromage au Québec a vu ses ventes diminuer de 30% depuis un mois. « Cette chute est d’autant plus importante au Québec, car c’est 40% du lait québécois qui est dirigé chaque mois vers le fromage », explique-t-elle.

Gérard Mathieu, 1er vice-président Syndicat local Lac-Saint-Jean-Est de l’UPA, rappelle que la surproduction a été redirigée vers les banques alimentaires, mais que beaucoup de lait est simplement jeté.

Aide insuffisante

Le président régional de l’UPA, Mario Théberge, ne mâche pas ses mots pour décrier cette aide, qu’il qualifie de risible, surtout lorsqu’il la compare à l’aide fédérale de 9 G$ accordée aux étudiants.

« 252 M$, c’est rien pour nous! Les jeunes, ils sont payés pour rester chez eux. Il y a une pénurie de main-d’œuvre sans précédent. Y’a des limites à rire de nous autres », déplore-t-il.

Rappelons que le gouvernement du Québec avait appelé aux étudiants à aller travailler dans les champs, moyennant rétribution financière de 100 $ par semaine.

Mario Théberge, président de l’UPA au Saguenay-Lac-Saint-Jean estime l’aide d’Ottawa insuffisante, voire nuisible à l’industrie agricole. (Photo : Archives Trium Médias)

Quelques jours plus tard, le 22 avril, le gouvernement de Trudeau annonçait sa prestation de 1250 $ mensuelle par étudiant.

« Trudeau, à part nuire à l’agriculture, il fait pas grand-chose. Il ne peut pas faire pire pour nous nuire. Les agriculteurs sont au bout du rouleau. Ce n’est pas parce que j’exagère. Je ne veux pas faire paniquer mon monde, je veux les encourager. Mais je ne sais plus quoi dire pour encourager », a-t-il conclu, visiblement amer.

Porcs euthanasiés

À contrecœur, plusieurs producteurs de porcs sont également contraints de les faire euthanasier en raison de la baisse de la demande et des fermetures d’abattoirs.

« Le porc, quand il est dans la bâtisse, il grossit. Pendant ce temps-là, il y en a d’autres qui continuent à arriver. Ils deviennent entassés. Dans l’industrie, lorsqu’ils sont trop gros, ils ne répondent pas aux normes », explique Gérard Mathieu.

Lorsqu’ils sont euthanasiés, les producteurs doivent également se départir de leur carcasse, et ce, à leurs frais. Le gouvernement fédéral a justement annoncé une aide de 252 M$ pour l’industrie au Canada pour couvrir une partie de ces frais.

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