Un regard empreint de tendresse assorti d’une touche d’humour sur une maladie pourtant fondamentalement tragique qu’est celle d’Alzheimer. C’est ce que propose la pièce de théâtre À la folie!, présentée à la Salle Michel-Côté d’Alma le 2 avril prochain puis le 4 avril à la Salle Desjardins/Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini.
Charles (Guy Richer), un animateur fêtard et immature, découvre avec horreur qu’il devra malgré lui s’occuper de sa vieille mère (Louise Deschâtelets) atteinte d’Alzheimer. Que fera le boomer bohème coincé entre sa mère grincheuse, sa fille insolente (Charlotte B. Reichhold) et une infirmière déstabilisante (Sandra Dumaresq), lui dont le seul talent est de faire rire en imitant de vieux chanteurs? Pourtant la magie de la musique fera des miracles!
Voilà le synopsis de la pièce que son auteur, le comédien Guy Richer, décrit comme « une histoire sur un sujet inconfortable et très chargé émotivement, mais qu’on a réussi à rendre digeste et drôle. C’est un spectacle qui fait du bien avec plusieurs intrigues qui s’y développent. »
Portée sociale
Quant à la genèse de la pièce, son auteur explique que « le vieux fond de sociologue en lui ne voulait pas seulement écrire une comédie pure ».
« Je voulais y aller avec une portée sociale, dit-il. C’est pour ça que j’ai choisi le thème de la maladie d’Alzheimer. Mais en même temps, plus un sujet est lourd, plus il faut y mettre de l’humour que ça passe!
Ponctuée de tournures humoristiques donc, À la folie! explore les différentes facettes de la maladie qui affecte la mémoire, mais également la vie de l’entourage des personnes qu’elle afflige. On y aborde aussi la question des soins à domicile par opposition à ceux prodigués dans les résidences privées pour aînés (RPA).
À ce titre, Guy Richer précise que « tout ce qui est dit dans la pièce sur la maladie d’Alzheimer et sur les soins qui s’y rapportent, ce sont des choses documentées et qui sont issues de beaucoup de recherche ».
Mémoire musicale
Sans se réclamer de la comédie musicale, À la folie! accorde par ailleurs une grande place à la musique. C’est que les nombreuses chansons qui ponctuent la pièce, outre que d’en alléger le ton, stimulent la mémoire de plus en plus défaillante de la mère de Charles.
« Dans la pièce, ma mère [atteinte d’Alzheimer], elle a passé sa vie en tant que propriétaire d’un cabaret qui a fait les belles années, 70, 80. Donc, elle a croisé des artistes qu’elle a aimés et qu’elle a connus personnellement. Et ça, c’était un beau prétexte pour faire un lien entre la chanson et le déclin cognitif parce que sait que la mémoire musicale, avec celle des odeurs, c’est la plus fidèle. Quand on fait entendre une chanson que la personne qui est en déclin cognitif a aimée, elle s’anime, elle se réanime à l’écoute de cette chanson-là. »