Arts et culture régionale : Une industrie fragilisée

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Par Julien B. Gauthier
Arts et culture régionale : Une industrie fragilisée
Le peintre, le musicien, le cinéaste ou encore l’écrivain ont tous besoin du contact avec le public. Les artistes ne pourront continuer à créer à travers un écran, puisque c’est contraire à l’essence même de la culture, selon Gabrielle Desbiens. (Photo : Archives)

Après six mois de pandémie, l’heure est au bilan pour l’organisme Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sa directrice générale, Gabrielle Desbiens, estime que chacun des 1 875 travailleurs culturels a été affecté par la pandémie. Elle prévoit par ailleurs qu’il n’y aura pas de retour à la normale avant 2022 pour l’industrie.

« L’un des grands défis pour la culture, c’est dans le temps, explique Gabrielle Desbiens. Ce n’est pas vrai que ça va être réglé l’année prochaine. Il faut s’attendre à des transformations. La reprise, il faut la prévoir sur deux ans pour permettre au milieu de se rééquilibrer en fonction des pertes. »

Il est impossible pour les diffuseurs de planifier des spectacles au-delà de quelques semaines, en raison de la possibilité de deuxième vague et parce que l’augmentation de la taille des foules se fait au compte-gouttes.

« Il n’y a aucune représentation qui va jusqu’en janvier parce qu’on ne sait pas ce qui va arriver », constate-t-elle.

L’inspirant contact humain

La directrice générale de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gabrielle Desbiens, croit qu’il faudra attendre jusqu’à 2022 avant que l’industrie puisse revenir à la normale. (Photo : Courtoisie)

Selon elle, le domaine culturel a été le premier à être affecté, citant en exemple le Festival REGARD à Saguenay, qui a été le premier gros événement à être annulé dans la région le 12 mars dernier. Une onde de choc en mars dernier pour le milieu, qui ne se doutait pas à ce moment la gravité de la situation.

Les rassemblements, le contact avec les autres font partie intégrante de culture et sont source d’inspiration pour les artistes.

« Ce qui donne de la force et de l’énergie, des substances vitales aux artistes, aux comédiens, aux danseuses, aux auteurs qui vont dans les salons du livre, c’est vraiment le contact avec le public. Les rassemblements contribuent au plaisir de la vie culturelle », avance Gabrielle Desbiens.

Droits d’auteurs

L’interdiction des rassemblements n’a pas pour autant empêché certains artisans, notamment issus du domaine musical, de partager leurs créations grâce aux médias sociaux. Toutefois, la webdiffusion a entrainé de nouvelles réflexions quant à la question des droits d’auteurs, qui pourraient déboucher vers une meilleure protection des créations artistiques.

« Ça comporte un risque parce que tu n’as plus le contrôle de ton vidéo lorsqu’il est sur les médias sociaux. Ton œuvre circule et n’est pas protégée. Il faut être conscient que c’est facile à partager, à copier-coller sans mettre les crédits. Ça nous fait prendre conscience qu’on est peut-être en retard sur cette question et qu’il faut davantage travailler à les protéger », conclut-elle.

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